Octave Jammes (1829-1876) - l'oncle

 

Madame Octave Jammes, Fonds Association F. Jammes OrthezMadame Octave Jammes
Fonds Association F. Jammes Orthez

Fils de Jean-Baptiste Jammes et frère aîné de Louis-Victor Jammes, le père de Francis. Né à Pointe-à-Pitre le 21 septembre 1829. Abandonné (ainsi que son frère) aux grand’tantes huguenotes, Clémence et Célanire, à Orthez.

Percepteur des contributions directes à Larceveau (Pays basque) et Arthez-de-Béarn où il mourut prématurément le 12 janvier 1876, à l’âge de quarante-six ans. Parrain de Francis Jammes. Il épousa une créole originaire de la Réunion, Marie-Louise de Biarrote, de qui il eut trois filles.

Le deuxième mort connu de l’enfant. Et un mort « bien-aimé ». A transmis la passion de la chasse à son neveu. Francis Jammes brosse son portrait dans Ma fille Bernadette  et dans le premier volume de ses Mémoires :


Il descend la colline dans le soleil rose des bruyères. Il boit un coup de vin à sa gourde. Il porte l’impériale et la couleur de ses yeux qui s’enflamment est vive et noire comme la poudre de son Lefaucheux. Il s’est marié tout jeune. Comme un enfant il est emporté et bon. Une de ses filles voudrait entrer en Religion. Si elle y entre, je mettrai le feu au couvent, a-t-il dit. Ses chiens tombent en arrêt. Il tue deux perdreaux. Il casse une croûte à l’auberge et regagne sa perception des finances. J’ai cinq ans. Il me montre son fusil, il me voudrait déjà de son âge et son camarade. On me donne du miel pour goûter.
L’ombre descend sur l’étendue sauvage, et il meurt vers quarante ans usé par sa violence.
Il y a des clochers au sommet des coteaux, des lièvres dans les fourrés et de bons dîners avec les compagnons de chasse.

 


Ma fille Bernadette, pp.239-240


Ce fonctionnaire avait le tempérament d’un Caraïbe. Sa fougue l’a tué, mais il avait l’enfantine bonté de certains violents. Il s’est consumé comme un feu de trappeur. A quelques mois de sa mort, il me montrait sa panoplie et me vantait cette passion de la chasse que j’ai héritée de lui.

De l’Âge divin à l’Âge ingrat, p.58

 

Jacques Le Gall