La guérison de Marie

 

La santé de la petite Marie, née en août 1911, inquiéta beaucoup ses parents. Lourdes, jugea le père, la guérit. Cette guérison inspira le poème précisément intitulé « Le père » : la scène se passe en août 1916, Place Royale, à Pau. La médiathèque d’Orthez conserve un manuscrit autographe signé de ce poème (Ms 39b). Il s’agit d’un premier jet comprenant nombre de ratures et de corrections. Acquisition : Les Autographes, 15 décembre 1987. La version définitive de ce poème figure dans Ma France poétique, OPC, p. 952 :



Manuscrit autographe du poèle Le père, Médiathèque Orthez, cote Ms 39bLe cœur comme une source aux teintes de pervenche
Devant ces monts bercés par le ciel pur s’épanche.
Mais entre les beaux jours il est un plus beau jour !
Quel te fut celui-là que te versa l’amour ?
Et pourrais-tu choisir sans paraître infidèle,
Quand tu saurais ce jour, sa plus douce hirondelle,
La rose dont l’arôme embauma le plus l’air ?
Non, toute rose bue en garde un goût amer ;
− Toute hirondelle passe, et bientôt on l’oublie.
Mais mon jour le plus cher, ma si simple Marie,
Ce fut au mois d’Août, une heure après midi :
Tu relevais d’un mal que Lourdes a guéri.
La place était déserte et toute soleilleuse
En face de l’azur de la vallée heureuse.
Le marbre d’Henri IV était plein de gaîté.
Près de moi tu marchais avec tes cinq étés.
Ô mon enfant ! Soudain de ta bouche innocente,
Dans la lumière qui tremblait incandescente,
Tomba l’aveu qui fut mon jour de paradis.
Tu murmuras à Dieu ces mots : « Le beau pays… »



 

Comme sa sœur Emmanuèle, dite Neillon (1909-1976), Marie accomplit une partie de sa scolarité chez les Dames de Saint-Maur que dirigeait, à Fontarabie (Espagne), Élisa Jammes (Sœur Octave en religion). Elle dut ensuite partir à Paris, avec Bernadette. Elle y obtint son diplôme d’infirmière et exerça son métier en Pays basque. Sa mère a passé les trois dernières années de sa vie chez elle, à Larressorre. C’est elle qui a offert à l’Association un buste en bronze de Francis Jammes, exécuté par le sculpteur et ami Georges-Clément de Swiecinski.

 

Jacques Le Gall