Ms131-129-431 - Le Patriarche et son troupeau (de 1923 à 1927)

 

 

Trois manuscrits conservés à Pau intéressent ce dernier volet – inachevé – des Mémoires de Francis Jammes : Ms 131, Ms 129 et Ms 431.

 

Ms 131

Cette liasse de manuscrits autographes contient (dans le désordre) les documents suivants :

1/ Huit fragments de premier jet du Patriarche et son troupeau.

- Le chapitre I entier (2 ff.). La date du premier de ces fragments est connue (février 1926) puisque l’auteur la donne lui-même au seuil de ce quatrième volume de Mémoires :



- Le chapitre II entier (1 f.)
- Le chapitre III entier (3 ff. sur papier bleu)
- Deux fragments du chapitre IV (3 ff. sur papier bleu)
- Trois fragments du chapitre VI (6 ff. en tout)

Ces fragments sont à rapprocher de deux autres manuscrits autographes du Patriarche et son troupeau, eux aussi conservés à Pau :

Le Ms 129 : autre version, un peu plus tardive du premier des six chapitres du quatrième volet des Mémoires de Jammes.
Le Ms 431 : c’est le manuscrit autographe complet de cet ouvrage.



2/ Le manuscrit autographe (26 ff.), chargé de corrections, de Diane, une « Tragédie classique » en trois actes qui paraîtra d’abord aux Éditions de L’Ermitage, « collection poétique », puis dans De tout temps à jamais (Gallimard, 1935) et enfin dans l’Œuvre poétique complète (OPC, pp. 1026-1044). Des fragments de brouillons de ce texte se trouvent aussi dans le Ms 125 conservé à Pau. Ce texte a été écrit en 1927. Il paraîtra en 1928 dans le n° 8 de la « Collection poétique de l’Ermitage ». Il sera dédiée à Gabriel Frizeau (collectionneur et ami bordelais de Jammes : 1870-1938) ainsi qu’à son épouse, Lucie Frizeau.

3/ Une feuille de travail (datable de 1923) pour Le Mariage basque (Une copie par Bernadette Jammes de ce roman est conservée à P : Ms 132) : l’auteur prend des repères chronologiques pour raconter l’histoire de son héros : Manech.



 

4/ Le sommaire (très partiel, 2 ff. écrits au crayon) de Ma France poétique (sont conservés à Pau des poèmes de ce recueil publié en 1926 : Ms 271, Ms 352 et Ms 452/47, mais aussi les épreuves corrigées et le bon à tirer de l’ensemble : Ms 528).



 

5/ Un long brouillon de texte sur le Père Théodore Andrieu O. S. B., à rapprocher du Ms 126. Il semblerait, à lire ces pages, que Jammes n’ait pas seulement écrit la préface à la plaquette que le Père Caillava a consacrée au Père Théodore. Ce texte, à notre connaissance, est inédit.


 

6/ Un poème de douze vers sur Jeanne d’Arc.

 

 

7/ Des brouillons partiels consacrés à Saint François. L’un (2 ff.), entièrement biffé a été commencé « le jour de la fête de Notre Dame du Carmel 1927 ».

 

 

8/ Quatre séries de brouillons fragmentaires de Janot-Poète plus un feuillet isolé. Le début de ce roman apparaît sous trois formes (et sur des papiers de formats fort divers). Ces brouillons (surtout le dernier) complètent presque entièrement le Ms 125 également conservé à Pau et qui contient la quasi-totalité du beau roman qui sera publié en 1928 :

 

Sur un feuillet isolé, deux versions de premier jet de l’incipit du roman. La première, en haut, est entièrement biffée. L’image germinative est cependant déjà trouvée : le roman s’ouvrira sur « Le concert des innocents », autrement dit sur le chant de ce « bon petit nègre » qu’est… le grillon :

Tel qu’un bon petit nègre que l’on a loué pour qu’il tienne sa partie d’un concert, le grillon fit glisser son archet tout enduit de la résine des pollens sur les fibres de l’herbe qui semblait couverte de pluie, tant elle réfléchissait la lumière.

Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.


Écouter la lecture musicale (extraits)

Sur deux cartons de petit format, deux autres versions, un peu plus élaborées de ce même incipit concertant. La première va un peu plus loin que la seconde.

Sur quatre pages d’un cahier d’écolier, on trouve la moitié du premier chapitre du roman (pp 9-14), chapitre intitulé : « La fête sur la terre ». Ces pages font presque le lien avec les brouillons autographes conservés sous la cote Ms 125. La date du début de la rédaction est mentionnée par l’auteur, en haut à gauche, au crayon : « Commencé le 1er juillet 1927 ».

Au verso d’un feuillet cartonné gris « Old Royal Manufactory », plié en deux, on trouve le manuscrit des trois dernières pages du second chapitre de Janot-Poète (pp. 38 à 41).

Un dernier document (de petit format) ne contient que trois mots. D’abord, d’une large écriture, le nom « Pégase » : c’est le nom du cheval de Janot (cf. la p. 23 du roman publié). Au-dessous, deux autres mots −  « En mars » −  constituent l’attaque du seizième et dernier chapitre du roman : « En mars 1913, Marie de Pèes naquit, de Jeanne et de Janot. » Ce chapitre s’intitule aujourd’hui « Pégase et la trompette de la renommée », mais, le Ms 125 lui donnait simplement pour titre : « Pégase ».

 

9/ Divers autres feuillets épars, dont des notes au crayon, en vue, semble-t-il, d’une intervention auprès du Sous-préfet.
 

 



 

Ms 129

Tandis que les premiers feuillets de ce manuscrit contiennent des notes, en particulier sur le Rimbaud de Claudel, les dix derniers sont, dans le désordre, des fragments d’un manuscrit de travail du Patriarche et son troupeau. Remis dans l’ordre, ces fragments correspondent aux parties suivantes du texte :

Premier fragment : description de la maison « Le Major » à Orthez et portrait du voisin savetier François (pp. 40-41 du livre imprimé au Mercure de France en 1940).

Second fragment : séjour du tout jeune couple Jammes dans l’Aisne de décembre 1907 à janvier 1908 (pp. 41-42).

Troisième fragment : la rayonnante paternité de Jammes (pp. 53-54).

Quatrième et cinquième fragments : la maison et le cabinet de travail de Paul Claudel (pp. 54-57).

Sixième fragment : portraits d’Edmond Pilon et d’André Lafon (pp. 57-58).

Septième fragment : portrait de Georges Dumesnil (pp. 58-60).

Huitième fragment : L’Amitié de France, le château de Lassagne et début du portrait de François Mauriac (pp ; 60-61).

Neuvième fragment : portrait de Robert Vallery-Radot (p. 63). C’est là que s’arrête le quatrième volet des Mémoires de Jammes.


Le texte de ce manuscrit de travail est parfois assez différent du texte définitif. Mais le manuscrit définitif et complet du Patriarche et son troupeau est lui aussi conservé à la Médiathèque André Labarrère de Pau : c’est le Ms 431.


Ms 431


Très beau manuscrit autographe (42 ff.) du quatrième et dernier cahier des Mémoires de Francis Jammes. Ni signé, ni daté, mais la date du début de rédaction est donnée dans l’incipit : « Au mois de février de cette année 1926 ». Le texte manuscrit est suivi du texte dactylographié (43 ff.). Provenance : le fonds Jean Labbé. Très belle reliure par Semet et Plumelle.

 

Pratiquement aucune variante. À noter, seulement, qu’un fragment d’une page et demie a été biffé et supprimé du texte qui ne fut publié qu’en 1949, après la mort du mémorialiste. Ce fragment appartient au sixième et dernier chapitre du livre : ce sont les pages 31-32-33 du manuscrit et 32-33 du tapuscrit.

 

 

Au mois de février de cette année 1926, au moment de ressaisir le fil de mes mémoires que j’ai laissé flottants, vingt années en arrière, tel un fil de la Vierge, sur la tombe d’Eugénie et Maurice de Guérin, j’ai eu ce songe qui servira de prélude à ce quatrième cahier, le dernier peut-être, car j’aurai bientôt la soixantaine.

(Incipit du Patriarche et son troupeau)

 

Jacques Le Gall