Tournay (2 décembre 1868 - fin juin 1875)

 

Après avoir exercé sa profession (Receveur de l’Enregistrement) à Ribiers (Hautes-Alpes), Hagetmau (Landes) et Villeréal (Lot-et-Garonne), Louis-Victor Jammes, père du poète, est nommé à Tournay (Hautes-Pyrénées).

Francis Jammes naît dans cette petite cité bigourdane, au rez-de-chaussée de la maison Cazabat qui servait de presbytère au curé-doyen de la paroisse :

J’ai débarqué sur cette terre le 2 décembre 1868,
à quatre heures du matin.

Maison Cazabat
Fonds Association F. Jammes Orthez

 

 

Retiré à Hasparren, le Patriarche émettra quelque chose comme un vœu qu’il assortira d’une condition suspensive :

Je consens à la plus modeste des plaques indicatrices sur ma maison natale ou son emplacement à Tournay – maison Cazabat – à la condition expresse qu’elle y sera apposée par la bonté du Conseil Municipal sans aucune manifestation venue d’ailleurs.

 

De fait, le Conseil Municipal de Tournay vota, le 25 novembre 1938, l’apposition d’une plaque commémorative sur la façade de la maison natale du poète. Mais l’inauguration de ce mémorandum n’eut lieu que le dimanche 7 septembre 1952.

La famille Jammes quitta la maison Cazabat pour s’installer maison Mailhou, du nom de son propriétaire, un épicier-greffier « dont la tête était comme un melon d’où ressortait un porte-plume » :

 

Maison Mailhou
Fonds Association Francis Jammes, Orthez

 

La maison Mailhou, que nous habitâmes dans la suite, n’avait pas grand charme. Elle était dépourvue de jardin. Dans le magasin d’épicerie sis au rez-de-chaussée, Mlle Mailhou, une vieille fille, me rendait le mauvais service de me laisser toujours gagner la partie d’un jeu enfantin, tandis que sa maman lustrait son cochon comme un pur-sang, ou confectionnait un plat local où entraient de la farine de maïs torréfiée, du bouillon gras, du confit de canard et du chou blanc.

De l’âge divin à l’âge ingrat, pp. 11-12

 

 

 

La Médiathèque André Labarrère de Pau possède le manuscrit (Ms585) d’un poème intitulé « Feu de la Saint-Jean » qui se rapporte à l’enfance à Tournay. La même médiathèque conserve le manuscrit (P : Ms 352) d’un autre poème (« La Procession ») se rapportant à la même période. Ces deux pièces figurent dans Ma France poétique (OPC, pp. 985-986 et pp. 986-988) :




 

 

 

À Tournay, du haut de ses cinq printemps, l'enfant se sentait promis à un grand destin, qu'il fût papal, royal ou ... rural. Cinquante ans plus tard, le poète s'en amusera dans "Réponse à un journal" (Hasparren, 31 août 1924). 

Il s'agit d'une réponse à un journal non identifié. Il avait été demandé à quelques personnalités si leur carrière était conforme ou pas à celle qu'ils avaient désirée.

Manuscrit autographe (1f. ; dim : 27 x 20 cm). Signé, daté. Encre. Acquis chez Matarasso fils, à Nice, en 1951. C'est une pièce du P : Ms452.

 

Jacques Le Gall