Ms452/62 - Dernier Air du mois

 

 

Manuscrit autographe (3 ff. ; dim : 22,5 x 17,5). Acquis de Loize en mars 1954. Les trois feuillets sont écrits au crayon et passablement raturés.

Ces quelques lignes ont paru, avec de nombreuses variantes, dans la Nouvelle Revue Française d’août 1938. Ce sont les derniers mots écrits et publiés de la main de Francis Jammes. L’écriture trahit la fatigue du poète. Il s’agit donc d’un document particulièrement émouvant.

Ces trois feuillets, pour partie testamentaires, complètent, conservé à Orthez, le Ms 214 qui contient jusqu’à trois versions des Airs du mois, de l’intégralité des Airs du mois à l’exception de quatre mois de l’année 1937.

De nombreux passages de ce texte ont été utilisés dans le numéro de la Revue des Deux mondes du 1er novembre 1942.

C’est au deuxième paragraphe de ce texte destiné d’abord à son épouse (« Pour Ginette etc… », en haut à droite) qu’a été emprunté le titre de l’exposition numérique :

FRANCIS JAMMES POÈTE

 

Sur la même pierre banale qui dans un coin du cimetière de Hasparren semble recevoir l’ombre portée du sauvage Ursuïa où les brebis paissent l’herbe sous les épines mon nom suivi de ce simple titre Poète et des dates de ma naissance (1868) et de ma mort.

Dans les paragraphes suivants, le poète refuse tout monument situé en plein air mais consent à l’apposition de « la plus modeste des plaques indicatrices » sur sa maison natale à Tournay (la maison Cazabat), à une condition toutefois..


– J’interdis que dans un endroit situé en plein air, place, promenade, square, on m’élève le moindre monument.

– Mais je serais heureux que fût coulé en bronze par le soin de mes amis le buste qui me représente, acquis par le Luxembourg, et dont l’original est en dépôt au musée de Pau, mais sans que ce chef-d’œuvre de Georges-Clément de Swiecinski ait à quitter les salons.

– Enfin je consens à la plus modeste des plaques indicatrices sur ma maison natale ou son emplacement à Tournay – maison Cazabat – à la condition expresse qu’elle sera apposée par le seul Conseil municipal et sans aucune réunion ou manifestation littéraire.

        1er juin 1938


« Aucun discours sur ma tombe… »