452/60 - Source de Massabielle (1935)

 

 

Manuscrit autographe (13 ff. ; 27,5 x  21,5), non daté, signé. Crayon et encre. Quatre strophes numérotées au crayon bleu. Acquis de Loize au printemps 1949.

Jean Labbé commente ainsi ce manuscrit : « Double brouillon très instructif sur la manière dont Jammes composa ses Sources : deux départs entièrement différents entre la source composée au crayon et celle composée à l’encre ». Voici le premier « départ », soit neuf strophes et un vers du dernier dizain :



Cette « Source », non jugée digne d’être retenue parmi les dix « Sources » du recueil portait primitivement le titre de « Source septième » et se trouvait entre la « Source Ursuya » et la « Source Estang ».

Le second « départ » est très proche du texte donné dans OPC, pp. 1541-1544 :



Des sources (O : Ms 71a), qu’il compara à des jeunes filles (quoiqu’il reconnût aussi leur puissance), Francis Jammes est allé jusqu’à parler de leur « susceptibilité » (dans Pensée des Jardins). Par chasteté ou par caprice, en tout cas pour échapper à l’haleine grossière d’un parvenu, il arrive en effet que cette lumière liquide prenne la fuite à la façon de Diane. Ou qu’elle « se perde », et rien n’est plus juste que cette expression. Lui, le poète catholique et rustique, ne devait pas laisser se perdre la Source de Lourdes. Il pouvait d’autant moins oublier de chanter la fontaine miraculeuse de Massabielle qu’elle jaillit en Bigorre, sa province natale, que son eau claire descend de la montagne, et que la Vierge y apparut à une simple bergère. Dans « Le pèlerin de Lourdes » (La Divine Douleur, pp. 168-169), il ne lui attribue pas moins de trois miracles dont il aurait été le témoin direct : flanqué de Paul Claudel, il assiste à la guérison d’un infirme en 1905 ; lors du cinquantenaire de la première apparition de la Vierge Marie à Bernadette (en 1908 par conséquent), il voit « onze malades exposés se relever de leur grabat » ; enfin, il tient la guérison de sa fille Marie « pour un miracle au sens théologique ».

Source ! Jaillis pour la vie éternelle.

 

Ce manuscrit P : Ms 452/60 peut être rapproché de plusieurs fragments du manuscrit O : Ms 70 et du O : Ms 14f dont les huit dizains composent un autre projet de « Source Massabielle ».

 

Jacques Le Gall