Ms126 - Dom Théodore Andrieu O. S. B. (1834-1923) (sans date : autour de 1923 ?)

 

 

Trois documents sont réunis sous cette cote :

1/ Le manuscrit autographe (28 ff. ; dim : 25 x 20) de la préface que Francis Jammes composa pour la biographie du Père Théodore Andrieu écrite par le R. P. Dom Michel-Cyprien Caillava (1849-1930). Encre, crayon et crayon bleu.



2/ La copie (5 ff. sur papier gris ; dim : 27 x 21) par Bernadette Jammes de la lettre concernant cette préface que Francis Jammes adressa au Père Caillava. Cette copie contient quelques corrections de l’auteur.



3/ Le faire-part (en latin) du décès (24 janvier 1923) du Père Théodore Andrieu (1f. ; dim : 28 x 28).



La plaquette de 37 pages intitulée Dom Théodore Andrieu O. S. B. (1834-1923) a été imprimée à Albi, sans nom d’auteur et sans date. Mais Francis Jammes connaissait bien l’auteur de cette biographie puisqu’il n’est autre que le Père Caillava. Pour introduire sa biographie, le père bénédictin avait expressément demandé à Jammes « un portrait du père Théodore », vieux et très ombreux moine rencontré au château de Vitailles, devenu monastère-refuge pour les bénédictins expulsés de l’abbaye de Belloc (Basses-Pyrénées) et de Palestine.

Pour commencer, Jammes souligne la difficulté qu’il y a à brosser un tel portrait. À quoi servirait de peindre en pleine pâte un visage qu’il suffit de dire stigmatisé de rides vénérables ? Ne serait-il pas vain de décrire en détail un corps souffrant que le dépouillement spirituel rend comme insaisissable ? Le préfacier choisit un autre angle, d’ailleurs conforme à son esthétique : il va partir du cadre extérieur (le château où le saint homme a trouvé asile, l’été brûlant de la rencontre) ; puis il nous fait pénétrer dans l’existence quotidienne de cet habitant de l’ombre et du silence ; avant, prudemment, de s’approcher du cœur, cette « fournaise ardente de charité » (l’expression est tirée des Litanies du Sacré Cœur). Émotion et sincérité sont palpables dans ce « portrait sur commande ». La frugalité et la sérénité du vieux moine, son abnégation et son humilité ont d’évidence impressionné l’écrivain. Il lui consacrera, intitulé « Le Passeport », le onzième volet de son très étrange Livre de Saint Joseph (1921) (P : Ms 430). Puis reviendra à lui dans les poèmes XV et XVI du Second Livre des Quatrains (1923).

Notons ici que Francis Jammes a écrit de nombreuses préfaces (O : Ms 59-63-64-82). L’Association Francis Jammes a consacré trois de ses Bulletins (numéros 19, 20, 21) à cinquante-neuf préfaces écrites par l’écrivain entre 1905 et 1938. Le texte de la préface au livre du Père Caillava est donné dans le Bulletin n° 19, pp. 44-47. Monique Parent propose un article de synthèse, intitulé « Variations sur les préfaces de Francis Jammes », dans le Bulletin n° 21, pp. 49-87.

 

Jacques Le Gall