Ms175-40-41-100 - Chroniques (1925-1934)

 

 

Pour commencer, signalons deux documents conservés à Orthez sous la cote Ms 175 :

Ms 175a : Manuscrit autographe (1 f. ; dim : 27 x 21), non signé, sans date [1925]. Encre, crayon et crayon de couleur. Il s’agit d’une copie destinée à l’imprimeur. Il manque une page. Don Joassin, mai 1995. Titre : « Chronique concise – II – Le Parnasse ». Lieu de publication : L’Ermitage, avril 1925.





Ms 175b : Manuscrit autographe (4 ff. ; dim : 27 x 21), signé, daté de février 1926. Encre. Titre : « Chronique concise – L’après-midi d’un poète ». Noms cités : Iribarnia (métairie de Francis Jammes près de Hasparren) et Sultan Valda de Saint Hilaire (Sultan, l’épagneul du poète). La chronique semble inédite. La médiathèque d’Orthez ne conserve qu’une photocopie de ce manuscrit non numérisé.

Sont ensuite ici regroupés les manuscrits de plusieurs des Chroniques écrites par Francis Jammes, entre 1926 et 1934. Si quelques-uns de ces textes brefs sont restés inédits, la plupart ont paru soit dans Le Manuscrit Autographe, soit dans La Liberté du Sud-Ouest :

  • Le Manuscrit Autographe : revue dirigée par Jean Royère (1871-1955), éditée à Paris (21 Boulevard Haussmann) par le libraire Auguste Blaizot. À la demande de Jean Royère, Jammes collabora au numéro de lancement (janvier-février 1926) de cette revue prestigieuse qui devait paraître tous les deux mois. Il y cisela douze esquisses graphologiques. Elles concernent son père et sa mère mais aussi le musicien ami Henri Duparc et plusieurs écrivains : Stéphane Mallarmé, André Gide, Henri de Régnier, Pierre Louÿs, Maurice Maeterlinck, Georges Rodenbach, Francis Vielé-Griffin, Marcel Proust, Emmanuel Signoret. Passionné par la graphologie qu’il tenait pour une science somme toute assez proche de la botanique (O : Ms 243), Jammes donna encore au Manuscrit Autographe de très remarquables analyses jusqu’au numéro 10 (juillet-août 1927). Par la suite (mais il avait déjà élargi son champ de travail dans le numéro 7), il proposa des Chroniques qui abordaient des sujets plus divers, avant d’interrompre sa collaboration au début de l’année 1928 (il semble n’avoir pas voulu que son nom voisinât avec celui de Pierre Louÿs dont il jugeait la plume trop libertine). Le Bulletin de l’Association Francis Jammes n° 29 (juin 1999) réunit les « Portraits graphologiques » publiés dans Le Manuscrit Autographe.
  • La Liberté du Sud-Ouest : quotidien fondé en 1909 à la demande de l’épiscopat régional pour contrecarrer La Petite Gironde bordelaise et La Dépêche toulousaine. François Mauriac ou Jean Balde, parmi d’autres, collaborèrent à ce journal catholique. Quant à Jammes, il y parle de tout et de rien, souvent avec malice et bonhomie. Il se plait en particulier à y rendre hommage à ses amis et s’y exprime à bâtons rompus sur ce que l’on pourrait appeler « la marche du monde ». Le Bulletin de l’Association Francis Jammes n° 24 (décembre 1996) regroupe quarante-neuf Chroniques écrites entre 1925 et 1937.

    

Ms 40 : Manuscrit autographe (5 ff. ; dim : 30,5 x 19,5), signé, sans date [1926]. Texte à l’encre, numérotation des pages au crayon bleu. Acquisition Rossignol, 1991.



Ce manuscrit contient cinq Chroniques inédites :

  • « Quinine et citron » : récit d’un miracle chez les Peaux-Rouges ;
  • « La vraie situation en Russie » : de l’alcoolisme en pays bolchevik ;
  • « Pantomime parlée » : souvenir personnel d’une représentation théâtrale à Burgos ;
  • « Oraison funèbre » : un bon moyen de savoir ce qu’un ami pense vraiment de vous ;
  • « Culte du passé » : un poète de la génération de l’auteur reconnaît le confort et l’antisepsie du sanatorium où il parfait sa convalescence, mais trouve qu’« il y manque de bonnes vieilles toiles d’araignée ».




Ms 41a : Manuscrit autographe (8 ff. ; dim : 27,5 x 21,5), signé, sans date [1926]. Encre. L’auteur a écrit les titres au crayon sur la chemise du dossier.



Ce manuscrit contient lui aussi cinq Chroniques :

  • « Le bœuf-a-la-mode » : où le poète d’Orthez raille un chantre de « la poésie pure » ;
  • « L’Exorcisme pneumatique » : où il se confirme que le poète qui croyait au miracle n’était nullement dupe des supercheries ;
  • « Les démêlés de l’Action française avec ce qui est et qui n’est pas de Rome » : où un poète, quelles que soient ses « préférences, monarchiste au fond », se défend d’avoir à prendre parti pour L’Action française ou pour Le Sillon ;
  • « La bonne fortune d’Aristide Briand » : où le poète se montre imperméable au prosélytisme « briandiste » d’une dame pourtant charmante ;
  • « Sur la restriction alimentaire » : Raymond Poincaré, Gargantua et le serveur d’un restaurant....

La troisième de ces Chroniques (« Les démêlés de l’Action française avec ce qui est et qui n’est pas de Rome ») semble inédite. Les autres ont paru dans la revue Le Manuscrit Autographe, janvier-février 1927, pp. 51-58, dans un ordre différent.



Ms 41b : Manuscrit autographe (7 ff. ; dim : 27,5 x 21,5), signé et daté (en p. 5 : 1926). Encre. Les pages sont numérotées de 2 à 5. Acquisition Alain Nicolas, 27 avril 1987.


Sept Chroniques :

  • « Claude Monet » : « Le peintre des nénuphars est mort ». Jammes se souvient que dans les années 1885-1886, à Bordeaux, il envisagea de consacrer une œuvre entière à cette fleur ;
  • « Jean Richepin » : Jammes se montre très sévère pour ce poète qui vient lui aussi de mourir ;
  • « L’homme aux boutons d’or » : souvenir de l’année 1882 à Lormont, près de Bordeaux (à quatorze ans, Jammes voyait donc, déjà, beaucoup de choses...) ;
  • « Un beau zeste » : le maire de Pau fait un discours pour honorer la mémoire de Maurice Barrès et s’adresse à Léon Bérard, « un des plus brillants représentants de l’Académie de Béarn, en attendant mieux ». Les pelures d’orange déclame l’édile, le talent sait les écarter… ;
  • « Éclipse » : encore un souvenir bordelais : une silhouette lunaire… ;
  • « L’embarquement pour Cythère » : « J’ai passé deux jours à Bordeaux avec Marceline Desbordes-Valmore ». Jammes a lu le livre que lui a consacré Jacques Boulenger. Mais ce bouquin ne lui a pas davantage dit l’essentiel que Jules Lemaître, Sainte-Beuve, ou d’autres sur le même sujet. Ce petit texte est donc à rapprocher de l’« Élégie Quinzième » écrite en février 1900 et dont le manuscrit est conservé à Pau sous la cote Ms 452/19, ainsi que du « Compliment à Madame la Supérieure générale de l’Ordre de Saint-Maur » que Jammes dédiera en 1929 « à la grande mémoire de Marceline-Félicité-Josèphe Desbordes-Valmore » (O : Ms 46c et Ms 46d) ;
  • « Grands-ressorts » : description des quais de Bordeaux depuis « une calèche graisseuse, traînée par Rossinante ». Un bouge porte « cette enseigne qu’on oublia de convertir : Horlogerie ouvrière ».

Lieu de publication de ces sept Chroniques : Le Manuscrit Autographe, n° 7, janvier-février 1927, pp. 55-57.

 

Ms 41c : Transcription par Bernadette Jammes (7 ff. ; dim : 27 x 22), non signée, non datée [1927], à l’encre, de huit chroniques publiées dans Le Manuscrit Autographe, de mars-avril 1927, pp. 53-58. Titres de ces Chroniques :

  • « La Vie Financière » ;
  • « Toros ou ‘Le Scandale des décorations’ » ;
  • « Exposition Georges Bergès à Bayonne » ;
  • « La mare est chaussée » ;
  • « L’esprit des lois » ;
  • « Un émule d’Orphée » ;
  • « La Chandeleur » ;
  • « Association de pensées au carnaval ».

Non numérisé. Une « Chronique datée de la Chandeleur » (6 février 1934) a paru dans La Liberté du Sud-Ouest : elle est reproduite dans le Bulletin de l’Association Francis Jammes n° 24, décembre 1996, pp. 69-71.

 

Ms 41d : Manuscrit autographe (1 f. ; dim : 27 x 21), non signé et non daté [1927]. Encre. Feuille travail, très raturée, pour « Association de pensées au carnaval ». Lieu de publication : Le Manuscrit Autographe, mars-avril 1927, p. 58. Non numérisé.

 

Ms 41e : Transcription par Bernadette Jammes (4 ff. ; dim : 22,5 x 17,5 numérotés de 1 à 4 et 4 ff. ; dim : 28 x 22 numérotés de 5 à 8), non signée, non datée [1927], à l’encre, de cinq chroniques publiées dans Le Manuscrit Autographe, de juillet-août 1927, pp. 61-65a. Annotations de Francis Jammes. Titres des cinq Chroniques :

  • « La Maîtrise » ;
  • « Le Paiement des dettes de guerre » (« drame en cinq actes ») ;
  • « Formule poétique » («Chanter pour déchanter, déchanter pour chanter ») ;
  • « La salutation des mouettes » ;
  • « Danse ».

 Non numérisé.

 

Ms 41f : Transcription par Bernadette Jammes (8 ff. ; dim : 22,5 x 17,5 numérotés de 1 à 8), non signée, non datée [1927], à l’encre, de deux chroniques publiées dans Le Manuscrit Autographe, de septembre-octobre 1927, pp. 81-84a. Titres des deux Chroniques :

  • « En marge de la vie religieuse » ;
  • « Le repenti ». Non numérisé.

 

Ms 41g : Histoire inédite qui advint à Toulet du temps de notre jeunesse dans la commune de Salie-de-Béarn. Manuscrit autographe de 3 ff. (2 ff. ; dim : 12 x 22 et 1 f. ; dim : 27 x 21,5), non signé, non daté. Encre et crayon. Nombreuses ratures.

 

 

Il s’agit d’un sonnet. Le premier feuillet est un premier jet du deuxième quatrain. Le second feuillet donne le second tercet. Le troisième les deux premiers quatrains mis au propre. Sur ce dernier feuillet, légère variante par rapport au titre définitif.

Poème publié dans Le Manuscrit Autographe, septembre-octobre 1927. Repris dans OPC, p. 1475. Paul-Jean (et non Jean-Paul) Toulet correspondit avec Jammes dès 1894. Les deux poètes se rencontrèrent à plusieurs reprises : à Salies-de-Béarn dont Toulet (il habita tout près, à Carresse, de novembre 1889 à 1898) fréquentait le casino, mais aussi à Pau (en particulier au café « Champagne »).

 


Au bout d’un vers à quoi faire rimer Salies
Qu’on prononce Salisse au pays de l’Albret ?
La rime soit pour l’œil ! Mais aussi bien Toulet
À Toulette répond, Béarn qui les allies !

Quoi qu’il en soit, Toulet avait, de ces saillies
Dont les plus sots buveurs parfois il harcelait,
Poursuivi l’un d’entre eux, lui disant qu’il voulait
Vider bien plus que lui les coupes jusqu’aux lies.

Ce fut plus qu’il n’en faut pour amener un duel
Par qui l’on eût pu voir deux familles en deuil.
Toulet, sans le vouloir, fit une égratignure

À l’autre dont se mit un témoin en émoi,
Disant : Monsieur Toulet, dans une autre aventure,
Sachez que vous aurez plutôt affaire à moi !

 

 

Ms 41h : (2 ff. ; dim : 27 x 21 et 1 f. ; dim : 13,5 x 21), non signé, non daté [1927]. Encre sur papier bleu. Nombreuses ratures et nombreuses variantes.

 

Publication dans Le Manuscrit Autographe de septembre-octobre 1927.

Le titre du manuscrit (« Aux grottes d’Isturitz ») sera modifié et deviendra : « Le mort vivant ». Incipit : « Mon cousin l’abbé Henri Breuil qui est un as de la préhistoire… ». De fait, ce préhistorien (1887-1961), Professeur au Collège de France, membre de l’Institut, était parent de l’épouse du poète-chroniqueur. Dès le moment où Francis Jammes s’installe à Hasparren, il va s’intéresser à ces grottes situées au cœur du Labourd, dans la commune de Saint-Martin d’Arberoue, à quelques encablures de la métairie Belzuncia qui est devenue sienne en même temps que la maison Eyhartzea. Dans les années vingt, il en parle dans Basses-Pyrénées (publié aux Éditions Émile-Paul Frères dans la collection « Portrait de la France ») et les met en scène dans deux romans : Les Robinsons basques (P : Ms 517) et Janot-Poète (P : Ms 125). Une Chronique intitulée « Les grottes d’Isturitz » paraîtra dans La Liberté du Sud-Ouest du 14 mars 1933 ; elle est reprise dans le Bulletin de l’Association Francis Jammes n° 24, décembre 1996, pp. 52-53.

Pierre Loti – de qui l'influence sur Francis Jammes fut bien plus importante que ne le donnent à entendre les lignes qui lui sont consacrées dans L'Amour, les Muses et la Chasse (pp. 164-168) – a lui aussi écrit un texte intitulé « La Grotte d’Isturitz ». D’abord tiré à part du Bulletin de la Société des Sciences et des Arts de Bayonne, en septembre 1893, ce texte fut réimprimé dans Figures et choses qui passaient, en novembre 1897 (daté 1898).

 

 

Ms 100 : Manuscrit autographe (2 ff. ; dim : 27 x 21), non signé, non daté [1934]. Crayon. Titre biffé : « La partie de pelote de ». Titre retenu : « Rendez-vous le 30 septembre à Hasparren ». Jammes a reçu la visite « d’un humble héros de guerre » et  invite ses lecteurs à assister à cette partie de pelote dont les bénéfices seront versés à la Fédération Nationale des Blessés du Poumon et des Chirurgicaux. Il considère que cette manifestation sportive illustre une page de Rabelais, « la plus haute peut-être que son génie ait conçue car elle s’élève jusqu’à la Charité universelle », page dans laquelle le « physiologiste » expose la solidarité des organes humains. En effet, des pelotaris aux « poitrines robustes » viendront « au secours des organes de leurs frères diminués par la bataille ». Cette chronique a été publiée dans La Liberté du Sud-Ouest du 29 septembre 1934 et reprise dans le Bulletin de l’Association Francis Jammes n° 24 (décembre 1996), p. 83.

 

 

 

Jacques Le Gall