Ms230 - Je suis un pauvre vêtu… (1908 ?)

 

 

Manuscrit autographe (2 ff. ; dim : 21, 5 x 16), non signé, non daté. Encre et crayon. Sans titre. Acquisition Joassin.


Je suis un pauvre vêtu d’un vieux pantalon,
d’une jaquette et coiffé d’un chapeau melon ;
chaussé de souliers dont j’ai, pour les élargir,
        fendu le cuir ;
je chemine un bâton à la main – les chiens me mordent ! –
et avec, en sautoir, pendantes à deux cordes,
ma musette et ma gourde.
[…]

 

Poème de 31 vers en trois strophes. Inachevé. Et inédit. Un vieux routier comme il en chemine pas mal chez Francis Jammes parle à la première personne. Il a soixante-quinze ans, est originaire de Mont-de-Marsan, a habité un château et aimé une jeune fille. Mais :

Qu’ils sont donc loin
les baisers dans les foins !

La mine l’a chassé du nid familial alors qu’il avait vingt ans. Aujourd’hui, il a honte d’être « tombé si bas » celui qui pourrait joindre à son nom le titre de comte. La suite du poème dont le ton devenait quelque peu mélodramatique est biffée. Jammes s’en est tenu là qui aima rendre justice à des déclassés, hommes ou femmes, souvent moins honteux que ne l’est celui qui parle ici (Sabala dans Janot-Poète ou Isabeau de Trincle dans Pipe, chien).

 

 

Jacques Le Gall