Ms53 - Le Routier du Bon Dieu (1932)

 

 

Deux manuscrits autographes. Le premier (4 ff. d’un cahier d’écolier ; dim : 22 x 17) n’est pas signé, mais il est daté au crayon dans la marge (20-21 août 1932) et porte le titre en gras. Encre et crayon.





Le second (2 ff. ; dim : 22 x 17 et 27 x 21), n’est ni signé ni daté et les deux feuilles volantes comportent de nombreuses ratures. Encre. La transcription manuscrite par Bernadette Jammes, bien qu’elle comporte des corrections et la signature de Francis Jammes, n’a pas été numérisée.





Parfois, une simple marche conduit plus loin qu’un long voyage. Sédentaire mais grand marcheur, si possible sur des routes cantonales, voire des chemins de traverse ou « de chèvres », Francis Jammes est un pèlerin à besace et barbe de broussaille, un homo viator qui cherche le « Bon Dieu ». L’espace et le temps fusionnent sous les pas et les mots de ce Routier à la fois terrestre et céleste.

Ici, le Routier – « J’ai dans mon sac de vieux routier des péchés sans nombre et, pêle-mêle, les fruits malsains de l’ennui, les hérissons de l’amour-propre, les piments irritants de la volupté, les savates éculées du découragement et de la paresse », écrira-t-il l’année suivante dans Le Crucifix du Poète (O : Ms 62-84-121-194) – revient à son « point de départ », spatial et temporel. Ici, le vieux marcheur en qui survit l’enfant retrouve la maison natale de Tournay après de longues années comme autant de kilomètres. L’y accueille la servante Marie, cette Marie Dargelez qui mourut « à la canicule des blés », d’avoir revu, après une trop longue absence, celui qu’elle avait vu naître. Cette servante « qui portait le nom de la Mère de Dieu » apparaît aussi et surtout au chapitre III du Livre de Saint Joseph : le manuscrit de ce chapitre est conservé à Pau (Ms 452/39 pour le corps du chapitre et Ms 430 pour son épilogue). Une fois qu’il a atteint ce commencement qui est aussi une origine, le pèlerin reprend la route en sens inverse et se souvient… C’est le temps retrouvé de Francis Jammes : l’enfance irisée en Bigorre et « l’arc-en-ciel de la carafe sur la nappe », Bordeaux « ses réclames et son port apaisant », les bois et les champs, « la verte botanique et la chasse rousse et grise »…

Pas de publication connue.

 

 

Jacques Le Gall