Ms69 - Mon cher Commandant et ami (1937)

 

 

Manuscrit autographe (2 ff. numérotés ; dim : 27 x 21), non signé, non daté [15 mai 1937]. Encre. Le tapuscrit (2 ff. numérotés ; dim : 27 x 21) n’a pas été numérisé ; il contient de nombreuses corrections autographes, la première page est écornée.





Le texte du manuscrit est identique au texte imprimé, qui n’est autre que la préface écrite par Francis Jammes pour le livre de François Duhourcau : Les Trois B, Paris, chez H.-G. Peyre, 1937. Comme l’annonce la couverture du livre, les « Trois B » dont il s’agit sont le Pays Basque, le Béarn et la Bigorre. Le livre contenait seize dessins de Biais. Cette préface a été reprise dans le Bulletin de l’Association Francis Jammes, n° 21, juin 1994, pp. 23-24.





François Duhourcau est né à Angers le 25 février 1883. C’est donc par erreur que Jammes écrit : « Vous et moi sommes nés en Bigorre ». Il est cependant vrai, que, par son père (médecin et maire de Cauterets dans les Hautes-Pyrénées), François Duhourcau est d’origine bigourdane. D’ailleurs, il passa son enfance en Bigorre ainsi qu’à Pau où il fit ses études avant d’intégrer Saint-Cyr puis d’être affecté dans l’infanterie à Bayonne. Il perdit son bras gauche lors de la Grande Guerre (c’est la raison pour laquelle Jammes parle d’« aile coupée » et ne manque pas de rapprocher cette « mutilation » de celle du « grand patron Cervantès »).

Obligé de renoncer à la carrière militaire, François Duhourcau se consacra à l’écriture et publia une vingtaine d’ouvrages divers (fictions, essais, livres d’histoire). Son roman Un homme à la mer (1921) a été préfacé par Maurice Barrès, de qui il fit le portrait dans La Voix intérieure de Maurice Barrès, d’après ses Cahiers (1929). Il a aussi consacré un essai au Pays basque de Pierre Loti. Comme le rappelle allusivement le second paragraphe de la préface, cet écrivain catholique a obtenu le Grand Prix du roman de l’Académie française pour L’Enfant de la victoire (1925) après avoir reçu un autre prix (également de l’Académie française) pour La Révolte des morts (1922).

Le Commandant Duhourcau fut le vice-président de l’Association des Écrivains combattants dont il restera le vice-président d’Honneur. Lui et sa femme, née à Bayonne (Claude Socorri en littérature), rendaient souvent visite au Patriarche à Eyhartzea. Le couple offrit au vieux poète un chapelet acquis à Assise. Celui-là même que Madame Francis Jammes enroula autour des mains de son mari lorsque ce dernier mourut, le 1er novembre 1938. François Duhourcau est mort à Bayonne le 3 mars 1951.

Cinq lettres autographes de François Duhourcau à Jammes sont conservées à Pau : Ms 231.

Bibliographie : Robert Granderoute, "François Duhourcau et le Pays basque", Revue régionaliste des Pyrénées, numéros 251-252, Juillet-Décembre 1986, pp. 47-54.

 

Jacques Le Gall