Ms70 et 14f - Sources (1935)

 

 

Concernant Les eaux courantes, premier titre de Sources, ce recueil tardif puisque composé entre le 17 mars et le 2 juillet 1935, deux manuscrits d’inégale importance sont conservés à Orthez : le Ms 70 et le Ms 14f.

Le Ms 70 est un volumineux manuscrit regroupant trois ensembles différents et complémentaires dont nous avons essayé de rétablir l’ordre chronologique de réalisation :

  1. un dossier préparatoire ;
  2. deux cahiers d’écolier ;
  3. une transcription partielle par Madame Francis Jammes.


1. – Le dossier préparatoire comporte 94 ff. autographes de dimensions diverses. Il contient des manuscrits de travail, soit chargés de corrections (ce sont alors, sans doute, des premiers jets), soit beaucoup moins raturés (ce sont probablement des mises au propre intermédiaires). Écrits à l’encre ou au crayon sur un papier uni ou quadrillé, ils sont (du moins au début) datés et signés. Aucun dédicataire n’est encore indiqué.

Un peu partout, pour ne prendre que deux exemples dans ses Poèmes mesurés (datés de 1907) ou dans le troisième des « Sept Chants de la Création » (conférence prononcée à Paris, en février 1914, sous les auspices de la revue Le Foyer, puis reprise à Bordeaux, Lyon, Grenoble, Aix-en-Provence, Marseille, Toulouse, Pau), Jammes a chanté la puissance, le pouvoir d’ensemencement des sources. Mais aussi leur singularité et donc leur diversité : du filet d’eau qui s’écoule d’une tuile au bénitier champêtre où boivent les oiseaux, du frémissement de vif-argent au creux d’un fossé à la verte fontaine fleurie de jeunes filles, de la courbe nerveuse et fine qui s’irise au soleil à la nappe liquide, semblable à un lac dont le calme mystérieux séduisit Wordsworth ou Lamartine. Jean Labbé estimait que Sources constituait « l’ultime étape d’une œuvre » qui n’avait « cessé de s’accomplir en s’approfondissant ». Les dates portées en marge de certains manuscrits du dossier montrent que le vieux poète a œuvré bon train, mais l’inspiration n’exclut pas… la transpiration. Les poèmes ont été travaillés. Ils continueront de l’être et, pour beaucoup d’entre eux, évolueront encore sensiblement. Au final, chaque Source devra se composer de dix strophes et chaque strophe comptera dix vers décasyllabiques terminés par une seule rime ou assonance.


Quand on suit pas à pas cette partie du manuscrit – malgré son antériorité, elle a été archivée et numérisée après les deux cahiers dont il sera question plus bas –, on trouve d’abord un premier jet de Garris : huit feuillets signés, datés des 17, 18 et 19 mars 1935, sur papier uni. Puis, sur un papier quadrillé, douze feuillets, non datés mais signés, concernent Maubec (sic), la Source deuxième. Ici, sans doute s’agit-il d’un manuscrit intermédiaire : quatre strophes (I, II, IV et IX) sont déjà presque achevées et sont des mises au propre. Toutefois, on trouve deux versions des strophes III et V et le reste est passablement raturé. Vient ensuite Au Choü : onze feuillets numérotés de 1 à 10 avec deux versions et deux feuillets pour la future strophe VII. Le dernier feuillet est daté du 6 avril 1935 et signé. Cette Source sera la quatrième du recueil définitif. Trois feuillets intercalés donnent une nouvelle version des strophes VI et VII, VIII et IX, puis X de Garris, la Source première : le papier quadrillé et l’écriture pratiquement sans rature confirment l’existence d’une version intermédiaire (une mise au propre) déjà mentionnée. Les onze feuillets suivants concernent Abidos, la future Source cinquième. À sept feuillets de premier jet, au crayon, non datés, non signés, succèdent quatre feuillets à l’encre qui sont des mise au propre des futures strophes V, VI, VII et VIII, IX.


Viennent maintenant dix feuillets qui posent les bases de ce qui sera la Source troisième : Dufaur. Les neuf premiers sont écrits au crayon, non datés et non signés ; le dixième est une mise au propre, à l’encre, de la strophe I. Un premier jet au crayon de la Source Cazanove occupe les neuf feuillets suivants. De la Source septième, Estang, il manque les strophes I et II. En revanche, plusieurs autres strophes donnent lieu à plusieurs versions. Les sept feuillets consacrés à cette Source gersoise sont des premiers jets. Comme les sept feuillets qui suivent, dévolus à la source intitulée Baure (chacune des dix strophes est numérotée au crayon bleu). Les derniers feuillets donnent plusieurs versions, très raturées, d’une Source que Francis Jammes ne retiendra pas : Massabielle. Aucune trace, en revanche, dans ce dossier préparatoire, de la future Source neuvième : Source de Provence.



2. – Les deux cahiers figurent au commencement du Ms 70. Il semble cependant qu’ils livrent un état du texte postérieur à celui que l’on trouve dans le « dossier préparatoire ». C’est pourquoi ils sont ici présentés à cette place, après ledit dossier.

Le Cahier I, à couverture orange, annonce dix Sources dans l’ordre suivant : I. Garris ; II. Maubecq ; III. Dufaur ; IV. Au Choü ; V. Abidos ; VI. Cazanove ; VII. Massabielle ; VIII. Estang ; IX. Baure ; X. Ursuya. En fait, il contient les quatre premières de ces pièces, précédés d’une « Dédicace des Sources à la Source » datée du Vendredi Saint 1935 [19 avril] et publiée jusqu’à sa publication en 1995 puis dans OPC, 2006, p. 1144.


         Dédicace des Sources
          à la Source


À toi que nul en ce monde n’a vue
Mais que je sais d’une triple venue
Source d’amour qui dans mon cœur circule
Et près de qui la lumière est obscure
Source n’ayant ni centre ni mesure
Que la foi seule et seule la foi nue
À mon esprit impose toute pure
Pour qu’il s’y plonge avec la certitude
Que c’est ton eau vivante qu’il a bue
En y goûtant cette béatitude.

 

Chaque source a sa vie propre. Chacune a son timbre et sa couleur, son biotope : lieu, sol, altitude, climat, flore… De chacune suintent ou ruissellent des souvenirs et des images, des silhouettes d’amis et des ombres, des prières et la « foi nue ».

- Il y a Garris, « une source qui rue » et puis cavale, une fontaine d’adolescence et de jouvence dont les « eaux courantes » frémissent et chantent parmi les liserons. C’est une source ancienne et pure, la première du recueil. Elle s’élance vers la mer et remonte au ciel pour redescendre sur une terre qui verdoie. Elle est « dans le cœur », pleine de sève. Elle coule en Pays basque, sans façon : « Le percepteur devant l’auberge fume ». Si naïve que l’on pourrait croire à un rêve : « Une oie a l’air de la sœur de la lune ». Mais non. Elle est simple, tout simplement. Elle sera dédiée à Léon Moulin, le professeur que Francis Jammes aima. Le manuscrit est une mise au propre, sans rature, à l’encre sur papier ligné. Il est signé et daté (17 au 19 mars 1935). Le nom du dédicataire n’est pas encore mentionné. Deux variantes mineures (strophes IV et IX) par apport au texte définitif. Un vers oublié (strophe VI).


                        I

En pays basque, à soixante-six ans,
Circule en moi la sève du printemps
Que le chasseur à tout âge ressent
Alors qu’il coupe un houx en l’écorçant.
Garris ! j’étais à peine adolescent
Qu’en la maison blanche aux rouges piments
Je m’asseyais avec de vieux parents
À la salle à manger que midi rend
Plus glaciale alors que l’on entend
Ronfler au loin le froment.





- Il y a Maubec(q), la bondissante et la limpide, la fougueuse, la lumineuse, la guérisseuse. Elle coule parmi les primevères, et reflète Dieu. Le chasseur, en son printemps, le fusil debout contre un chêne, y but « à longs traits couché par terre » et y conduisit, avant qu’ils ne meurent, Charles Guérin et Albert Samain, poètes. C’est à l’inséparable ami de ce dernier qu’elle sera dédiée : à Raymond Bonheur. Elle fut « douce et sans pli », telle un « miroir poli ». Parfaite, elle demeure un « modèle », en particulier pour le poète qui la chante. Le texte, à l’encre sur papier ligné, est signé et daté : il a été écrit le 22 mars 1935. Quelques ratures et corrections. Comme dans le dossier préparatoire, le toponyme est privé de sa consonne finale. La bonne orthographe ne sera rétablie que plus tard.



                        VIII

Maubec, vers toi j’ai conduit des poètes
Mais ils sont morts et j’ai mené des rêves
Restés vivants puisque tu les reflètes.
Charles Guérin aimait les violettes.
Albert Samain, le chant des tourterelles.
Quand j’avais bu, Maubec, de ton eau fraîche,
par le sentier jadis de Compostelle
Je m’en allais dans une honnête chapelle
Où le tic-tac d’une horloge se mêle
Aux battements de cœur de ma jeunesse.



- Il y a Dufaur, « drue et froide ». Pas encore dédiée à Frédéric-Arthur Chassériau, signée, elle a été écrite entre le 25 et le 26 mars 1935. L’étincelante coulée de cette Source troisième, voisine du gave, permettait au jeune chasseur de la boire « par goulées ». Du tuyau qui s’en est détaché, le vieux poète a fait un pipeau qui lui permet de faire entendre « l’écho de choses d’autrefois ». L’adolescent l’avait connue avant que ne s’écoulât tant de sang, avant que ne se perdît le bon sens. Lui rester fidèle, c’est ne répandre que la joie de cette « source aux douceurs de joie », c’est ressusciter les morts et les mortes de Dufaur. Cinq ratures et corrections mineures. Encre sur papier ligné.



                     VIII

Ressuscitez pour la vie éternelle,
Morts de Dufaur. Lance des étincelles,
Source glacée. Et fleurissez ombrelles
Que balançait au parc la main des belles.
Reprenez vos raquettes, jouvencelles
Aux cris aigus comme des hirondelles.
Et vous, lapins, dansez dans les clairières,
Montrez le cul aux lettres officielles.
Hardi pipeau ! Pique dans la bruyère
Les griffons blancs qui hurleront au lièvre.



- Il y a Au Choü, au nom patois inexpliqué. Marécageuse, argileuse, ocreuse, bourbeuse, besogneuse. Elle sourd entre Orthez et les Landes, sous la bruyère naine. Son mince filet fuit dans du « cresson bourbeux ». Très vite, un « petit champ épuise sa course ». Un ruisseau moussu la reçoit, au bord duquel poussent l’églantine et les myosotis. Elle est toute proche de la métairie du poète pauvre. Elle est pauvre comme lui mais comme lui a fait ce qu’elle pouvait. « Source peu saine et pourtant maternelle », source « sacrée et vénérable », aussi belle, au fond, que ses sœurs plus légères. Un jour, des enfants vinrent joyeusement pique-niquer sur ses « bords calcinés ». Certains sont morts et devenus poussière. L’argile d’Au Choü, elle, vit encore, qu’elle se craquelle ou que l’eau sur elle ruisselle. Elle est éternelle. Cette Source, la quatrième, sera dédiée à André Fontainas. Le poème est signé. Il a été écrit en avril 1935. Une douzaine de ratures : deux vers sont entièrement corrigés, l’un dans la cinquième strophe, l’autre dans la dernière. Encre sur papier ligné.



                      I

D’où venait-elle au bord du chemin creux
Perdu dans les bas-fonds marécageux
Mais qui l’été se crevassait ocreux
Sous la bruyère naine au teint vitreux ?
D’où venait-elle avec son lit bourbeux
Seule eau possible offerte aux besogneux
Qui travaillaient beaucoup, vivaient de peu
Dans cette métairie où mes bons vieux
Allaient parfois estimer les bœufs,
Le vin le blé le maïs et les œufs ?



L’avant-dernière page du Cahier I contient deux strophes entièrement biffées au crayon rouge. Le titre de cette pièce inachevée est triple : « Poème pour la paix », « Lourdes », « La Source de Massabielle ». La dernière feuille, découpée à côté de la marge, donne un texte écrit verticalement de bas en haut : c’est une citation extraite d’une lettre de Sa sainteté le Pape Pie XI à un évêque.




Le Cahier II, à couverture vert-bleu, porte encore le titre originel (Les eaux courantes), commence à la Source cinquième et contient quatre nouvelles Sources.




- Il y a Abidos, dont l’onde blonde abonde et guérit ceux à qui l’amour a menti. « Elle s’en vient de la terre profonde », pareille à une nymphe grecque. « Dans la sauvage et bleuâtre saulaie », elle roucoule à côté du gave à galets, couronnée par les coteaux de Lagor d’où l’on voit la Biscaye et la Bigorre. « Elle ne sait que chanter je vous aime ». Elle est inséparable de Charles de Bordeu, l’ami, « l’antique homme des champs », non nommé mais présent tout au long. Dédiée à Théophile de Bordeu, le fils de celui qui chanta la « calme royauté » du Béarn et de son foyer d’Abos, cette Source, la cinquième, est signée et a été écrite en mai 1935. Deux vers seront ajoutés à la strophe I ; la strophe II est nettement plus raturée que les autres ; une première version de la strophe VI est entièrement biffée et une flèche partant d’une accolade renvoie à une deuxième version qui sera retenue. Encre sur papier ligné.



                X

Telle est la source Abidos, ma cinquième.
Elle ne sait que chanter je vous aime
De même qu’elle coule sans mystère
Comment avoir pu faire de la peine
Quand son baiser n’est fait que de lumière,
Quand sa fraîcheur se donne tout entière
Au vieux routier fourbu par la misère,
Aux jeunes gens cueillant la primevère ?
Comment l’amour ne serait-il sincère
Lorsque jamais il ne pense à soi-même ?



Il y a Cazanove, la sixième Source. Son eau souriait. C’était un « tout petit havre » où le poète de vingt ans faisait halte quand, à pied, il allait visiter, en son château, le « vieux gentilhomme » qui, « fuyant le siècle et sa médiocrité » avait nom Amaury de Cazanove. La « grand’route peuplière » qui conduisait à cette source à populage n’était alors défigurée ni par les pylônes ni par le « goudron où roulent les chaudières ». Le jeune marcheur n’y croisait que « la patache obèse et toute fière », avec « ses grelots gais comme des rivières » et « les chiens aboyant en arrière ». À Sallespisse, Francis Jammes n’allait pas seulement voir Amaury de Cazanove, « ce poète aîné » dans « son manteau cousu de pauvreté ». Il y retrouvait aussi un vieux notaire et deux « jeunes Anglais » : Hubert Crackanthorpe qui, plus tard, en 1896, devait se suicider et sa femme Élisabeth. Le manuscrit est daté du 25 mai 1935 et signé. Le dernier vers de la strophe IV a été entièrement raturé et corrigé, tout comme le sixième de la strophe IX ; les strophes V et VI figurent sur la même page. La strophe X est la plus raturée ; elle comporte encore onze vers ; plusieurs vers, dont les trois derniers, seront profondément modifiés.



                  X

Ô source, paix. Paix à nous tous. Oh ! verse
En nous la paix. Source de ma jeunesse,
Paix aux vivants et aux morts. Nourrice, berce
De ton long pleur qui l’argile traverse
Nos pauvres cœurs que des épines percent.
Témoin de Dieu qui fait que tu déverses
Jusqu’à la mer ta plainte si diverse,
Aïeule d’eau, d’azur et d’ombre verte,
Abreuve-nous jusqu’à la découverte
Du nouveau monde où s’en va le poète
Et qu’ont chanté les vierges et les prophètes.



Il y a Ursuya, la Source septième, qui deviendra la dixième et sera dédiée à un autre ami très cher, lui aussi mort prématurément mais déjà présent dans Le Patriarche et son troupeau (p. 44) : Charles de Saint-André. C’est la source de la montagne bleue qui domine Hasparren, une source « clandestine » et « serpentine », à la fois « pure et glaciale », « à peine visible » et « presque insensible », doucement ruisselante, « agile » et « vive ». Le vieux poète espère qu’une vapeur montera d’elle, le jour où il mourra, et qu’elle retombera en pluie sur sa maison natale, à Tournay. Que son chant de célébration soit accompagné de la « fraîche voix » de cette source de l’« exil extrême ». Le manuscrit est daté de juin 1935 et signé. Les quatre premiers vers de la strophe I sont mis au net sur une page distincte ; l’antépénultième vers de la strophe III est entièrement corrigé et recopié au crayon en bas de page, précédé de la mention : « Je dis » ; plusieurs autres strophes, la V en particulier, d’ailleurs incomplète, sont elles aussi passablement raturées.



Il y a Massabielle, également datée de juin 1935 et signée à l’encre bleue. La strophe huit comporte deux versions sur la même page ; la première est entièrement biffée. Sans doute Jammes ne se tint-il pas pour satisfait de cette pièce, car elle fut écartée.


                    IV

Tu m’as vu naître ô source Massabielle !
Je sais par cœur les moindres de tes pierres,
Le vieux moulin qui broyait la misère
Les seuils obscurs où devisaient les vieilles
Quand Bernadette en passant devant elles
Était si pâle à l’appel de la Vierge.
Que j’ai suivi de fêtes solennelles
En recueillant à l’entour des civières
Les longs sanglots des pères et des mères
Qui vers l’Amour montaient comme des aigles !



Il y a Estang, la future Source septième, qui sera dédiée à l’ami Touny-Lérys dont Jammes n’avait pas oublié, en particulier, l’article paru dans la revue Tablettes du 30 mai 1911. Ce sont neuf feuillets datés (1935) et signés, peu raturés à l’exception de ceux où figurent les strophes VIII et IX qui bénéficient ainsi de deux versions. Sur le « sable blond », cette Source gasconne, toute proche de la forêt landaise, ressemble à un « miroir profond » qu’environnent fleurs et moissons, grappes dures et pastorales créatures. Parfois légèrement prise de glace, elle est indissociable de Marguerite, la sœur du poète, du jour de noce dont Francis Jammes parla dans ses Mémoires et de la noble famille Caillebar : du deuil d’une aïeule aimée qui venait d’Espagne, de la Grande Guerre qui tua tant d’enfants et gravement blessa le neveu « le plus tendre ».



                 X

Voici que maintenant, source septième,
Ta belle nappe augmente sa lumière
Et tu deviens la vivante prière
Silencieuse et telle que Dieu l’aime.
Nous prions tous, l’eau, la flamme et la pierre.
Que je t’imite et je rentre en moi-même.
Recueillons-nous dans nos peines extrêmes
Comme tu fais dans l’or de ton arène,
Et si notre âme à déborder est pleine
Montrons la face ainsi que toi serine



Deux Sources sont donc absentes de ces cahiers qui paraissent avoir servi de support à la deuxième campagne d’écriture des futures Sources : « Baure » (du nom du château qu’habitait Mme de Pons) et « Source de Provence » (qui devait rendre hommage au pays natal de la mère). Ces deux Sources sont au contraire bien présentes dans le troisième ensemble du Ms 70.



3. – Une transcription par Madame Francis Jammes. Cette transcription (55 ff. ; dim : 27 x 21), à l’encre noire, sur papier à petits carreaux, est partielle : il manque la strophe III de « Dufaur », les strophes IX et X d’« Estang », les sept derniers vers de la strophe III et les sept dernières strophes d’« Ursuya ». Les dates de composition ne sont pas mentionnées. En revanche, le nom des dédicataires apparaît désormais en haut de chaque poème. C’est sans doute à partir de cette transcription que sera établi le texte de l’édition (posthume) de Sources. La numérisation du manuscrit n’a pas toujours parfaitement respecté l’ordre des strophes à l’intérieur d’un poème.


Le Ms 14f : Manuscrit autographe (5 ff. numérotés de I à VI et 3 ff. de 3 à 5 ; dim : 10 x 17), non signé, non daté [1935 ?]. Partiel. Crayon sur papier à lettre bleu.

Il s’agit d’un projet pour une « Source de Massabielle », également présente dans le Ms 70, mais dont on peut s’étonner que Jammes ne l’ait finalement pas mis au centre de son recueil, lui qui dit y avoir trempé ses livres quand il avait « mal loin de Jésus [s]on frère ». Inédits, les huit dizains ne se font pas suite et celui qui est numéroté VI donne lieu à deux versions (la première est très raturée, la seconde est une mise au propre).




Un autre manuscrit concernant la « Source de Massabielle » est conservé à Pau sous la cote P : Ms 452/60 : il contient quatre strophes et deux départs différents.

Principaux lieux de publication de Sources : 1/ Nouvelle Revue Française, mars 1935 (publication partielle). 2/ Paris, Le Divan, 1936 (plaquette de 71 pages). 3/ Sources et Feux, Paris, Mercure de France, 1944. 4/ OPC, 1995, pp. 736-739. 5/ OPC, 2006, pp. 1143-1182.

 

 

Jacques Le Gall