Charles, Amaury de Cazanove est le fils aîné de Charles, Nicolas de Bigault de Cazanove (négociant en champagne) et de Clarisse Poultier. Né le 5 janvier 1845 à Avize (Marne), Champenois bon teint, il est issu d’une lignée de gentilhommes verriers implantés dans l’Argonne. D’irrépressibles enthousiasmes, de fortes lectures et les amis lui permirent de traverser les austères années de collège à Saint-Dizier et de le doter d’une solide culture classique. Bachelier ès-lettres, amoureux de la vie libre dans les champs et en forêt mais déjà féru de poésie, il ne voulut pas résister à l’attraction du Paris d’un Second Empire finissant. Il y demeurera de 1867 à 1870 et y écrira des articles de critique littéraire, des études, des nouvelles pour La Vogue, Le Flambeau, L’Événement, La Revue de Paris.
C’est à Paris, en avril 1872, qu’il épousera, Marthe d’Ariste, née à Lescar (Basses-Pyrénées). Cinq enfants naîtront de cette union. En 1879, Amaury de Cazanove quitte la Marne où il était retourné après les quatre années parisiennes. Il va désormais vivre au château de Salles, à Sallespisse, entre Orthez et Sault-de-Navailles (Basses-Pyrénées). Il a ainsi passé son âge mûr et sa vieillesse en Béarn. En 1870, Amaury de Cazanove avait été combattant volontaire (sergent puis lieutenant), dans la Garde nationale mobile. En 1915, âgé de 70 ans, il tenta encore de s’engager pour défendre son pays. Il est mort au château de Loran, près de Mirande (Gers), en 1916.
« J’écris pour mon plaisir,
au fond d’un vieux château… »
Grand lecteur de Hugo, Musset, Lamartine, mais aussi de La Fontaine (un « pays »), Chateaubriand, Byron, Coppée, Mistral…, cet homme de grand format, fougueux monarchiste, ardent cavalier et hardi coureur de bois, a surtout écrit trois recueils poétiques publiés à Pau chez L. Ribaut, libraire-éditeur : Les Chevaleresques en 1879, La Mandragore en 1886 et Maylis en 1906 (le premier de ces recueils a d’abord été publié à Paris, Librairie des Bibliophiles).
«Qu’enfin je soulève la lyre ! Je veux dans l’idéal me plonger à plein cœur.»
«Passions qui brûliez dans l’âme des héros, N’inspirez-vous donc plus que les vers du poète ?»
«Qu’importe gloire absente, illusions trompées ? − Vieilli, du même ardent amour qu’à dix-huit ans, J’aime toujours la Croix, et la Lyre et l’Epée !»
D’inspiration romantique et encore parnassienne (l’impassibilité en moins), ces recueils furent primés jadis mais sont aujourd’hui oubliés. On peut le regretter. D’autant que, élégiaques ou caustiques, les relève souvent le brin d’absinthe de l’humour et de la fantaisie : « Le poète doit savoir sourire », peut-on lire dans un poème de La Mandragore, et le robuste gentilhomme ne s’en est pas fait faute. Même quand, délaissant le sonnet qui domine chez lui, il s’est colleté à des formes poétiques anciennes et fort contraignantes comme la sextine.
Amaury de Cazanove n’a pas seulement cité Francis Jammes dans deux sonnets de Maylis, il l’a aidé à se trouver : il a revigoré le jeune homme en perdition, on le verra plus loin, et conforté le jeune poète en gestation. Dès 1891, et De l’Angélus de l’Aube à l’Angélus du Soir ne paraîtra que sept ans plus tard, c’est lui qui, avec l’actif concours d’Hubert Crackanthorpe, ce « gentleman au regard byronien », parvint à convaincre l’auteur du carnet bordelais intitulé Moi de publier son premier recueil : Six sonnets. Faisant fi des différences d’âge, d’expérience, de convictions et de classe sociale, le pétillant condottiere a tout de suite pressenti le génie de son cadet qu’il recevait en son château de Salles, parfois en compagnie de quelques amis choisis, parmi lesquels un pittoresque trio : Adrien Planté, maire d’Orthez, calife lettré et félibre béarnais, cousin du pianiste Francis ; Charles de Bordeu, maire d’Abos, conteur, prosateur et moraliste ; Paul Lafond, peintre et graveur, critique inspiré (auteur, notamment, d’études sur El Greco, Murillo, Bosch et d’une biographie du chanteur Garat), conservateur du Musée des Beaux-Arts de Pau…
Francis Jammes n’a rien caché de ce qu’il devait à son aîné. Il lui a rendu hommage dans six textes qui seront présentés en suivant l’ordre chronologique de leur parution. Ces textes forment un tout parfaitement cohérent alors qu’ils appartiennent à des genres différents et que les séparent une quarantaine d’années. Les réunissent en revanche, aux deux extrémités de la boucle, l’image dynamique d’une source amie, d’une source où le jeune poète vint boire et parvint à devenir ce qu’il était.
Le premier de ces textes est un poème qui, daté de 1897, paraîtra l’année suivante dans De l’Angélus de l’Aube à l’Angélus du Soir. Ce poème est dédié à Amaury de Cazanove et parle d’« une source claire » située « près de Salles », nom de la demeure du dédicataire. Pour l’instant, rien sur la personne du châtelain, mais le cadre naturel est posé. Il suffira, dans les pas du poète, de suivre la route brûlante qui longe ce filet d’eau lustrale. Cela conduira, quatre décennies plus tard, au recueil Sources. Nul mieux que Jammes ne sut écouter « tout ce que peut chanter, pleurer et murmurer une source. » Image d’une parole poétique venue de mystérieuses profondeurs souterraines, l’eau de source, chez lui, parle et abreuve la fable de souvenirs. Dans le premier dizain du poème de 1907, la source est d’abord un havre de fraîcheur et un chemin qui commence. Le rêveur y apprendra à marcher dans le bon sens, le sens de l’eau qui coule et conduit à la maison du poème, au village de l’œuvre. Mais remonter aux sources, si vives qu’elles soient, expose à rencontrer un avant parfois si obscur qu’il confine à la mort autant qu’à la vie. Plein d’allant, le « piéton » de vingt ans était aussi un pèlerin fort mélancolique, un passionate pilgrim en quête de ce que Proust appelle « les inattingibles lointains dont on ne connaît jamais sur terre que la direction. » Ainsi la seconde partie du poème entrelace-t-elle toutes les mélancolies de la jeunesse et de l’absence que faisaient pressentir les « fougères noires » émergeant « de la mousse et du lierre ». L’apparition ou plutôt la non-apparition du cher grand-père paternel, Jean-Baptiste Jammes, ce prototype de l’homme secourable et exilé aux Antilles, obombre cette sombre végétation dont la source capte le reflet et mélancolise les quatre derniers vers que le jeune poète a dédiés à son vieil et paternel ami Amaury de Cazanove :
IL EST PRES DE SALLES…
À Amaury de Cazanove
Il est près de Salles, à droite, une source claire.
Des fougères noires, de la mousse et du lierre
se mirent doucement à sa limpidité.
La grand’route la longe et la chaleur d’été
fait sur la terre blanche vibration.
Celui qui suit la route (on disait un piéton)
sent la terre brûler aux cordes de ses sandales.
Autour de lui bourdonne la chaleur pâle ;
mais, quand il approche de la petite source,
il se sent inondé par une fraîcheur douce.
Bien souvent j’ai suivi jusqu’à votre hameau
cette route blanche qui va jusqu’à Hagetmau.
Mes yeux qui se fixaient à l’horizon des côtes
y voyaient, agrandies, des silhouettes d’hommes.
Mais c’est en vain que mon regard triste a cherché
la diligence qui, avant que je fusse né,
ramena au pays, le long de la source vive,
mon grand-père qui revenait des Antilles.
Bien différent du poème de 1897, le deuxième texte se présente sous la forme d’un article qui paraît dans Le Patriote des Pyrénées cinq jours après la mort d’Amaury de Cazanove, le 8 octobre 1916, en pleine Première Guerre mondiale par conséquent. Cet article annonce et contient tout ce que les textes ultérieurs diront de celui qui l’a « accueilli ». Jammes, tout en se conformant aux lois du genre de la nécrologie, y brosse le portrait détaillé d’une haute figure. Il énumère les raisons pour lesquelles il aima cet « homme rare » : son catholicisme et sa dévotion mariale, sa joie grave et son optimisme assez semblable à celui du chevalier de la Manche, son amour passionné de la France et son caractère de soldat, une désinvolture qui n’exclut pas un sens du devoir pouvant aller jusqu’au sacrifice, sa noblesse et sa bienveillance, sa distinction et sa pudeur, son goût des chevaux et du plein air, sa capacité à aimer. Sobre, le titre note la qualité de poète du défunt. Dans le texte, Jammes, et ce ne sera pas toujours le cas, « insiste » sur la qualité des livres de son ami. Il va même jusqu’à parler de leurs « belles feuilles fleuries ». Non sans avoir émis quelques réserves, il va surtout souligner la sincérité de cette poésie où l’homme et l’œuvre ne font qu’un :
Ma poésie, à moi, c’est le blanc fil d’automne
Qui passe dans les prés et vient de la Madone,
C’est le fil de la Vierge effleurant les buissons,
Le matin, à la voix de l’Angélus qui sonne
Du nid qui répand ses chansons.
Il est juste, s’il faut choisir, entre tant de bons vers qu’a écrits Amaury de Cazanove, de transcrire ceux-ci. Il aimait la Sainte Vierge. C’est la pierre de touche du catholicisme. Ce poète fut un homme rare. Je n’en ai pas connu de moins ennuyeux, malgré l’intime austérité de sa vie. Certains chrétiens auront à répondre devant Dieu de leur caractère morose.
Je dis donc qu’il n’y eut pas de chrétien qui le fût avec moins d’ostentation que Cazanove. D’où il résulte qu’il n’y eut pas de cœur plus fièrement désintéressé ; d’âme qui planât plus libre au-dessus des épreuves dont la plus cruelle fut la dernière : cette guerre où prennent part Charles et René de Cazanove, Messieurs de Monval et de Belleville.
Je n’ai pas trouvé de caractère plus exempt de mesquinerie ; je n’ai point connu de gentilhomme plus gentilhomme ; de Français plus Français.
Sa mort n’oppose rien à une amitié pour moi vieille de 26 ans : pas même la pierre qui va le recouvrir.
Cette âme, avec cette désinvolture qu’elle eut toujours, n’a pas voulu languir sur terre avec un corps affaibli. Elle n’eût pas voulu offrir aux siens le douloureux spectacle d’une agonie prolongée.
Son principe était d’ailleurs qu’il ne faut déranger personne. Là est la race. Et quand, le jour que devait avoir lieu son inhumation, son corps fut en retard, j’appris, sans étonnement, qu’il s’était rangé pour faire place, et pour céder le pas, à un transport de troupes.
Il fut toujours un soldat, et de même qu’au lendemain de la mobilisation il s’offrait, sans hésiter, malgré son âge, au service de la défense nationale, c’est au premier appel de son Dieu qu’il a répondu présent !
J’ai vu les hommes les plus divers, de toute classe, de toute opinion, l’aimer, le vénérer pour cette vraie distinction qui engendrait en lui cette bienveillance qui le faisait traiter en égal le plus humble de ses interlocuteurs. Il en faut avertir ceux qui n’ont pour eux que la morgue.
Joignez à cela, lorsque les événements n’allaient pas à son gré, une manière si noble de se taire que le cœur seul de celui qui l’approchait soupçonnait sa peine. Je me souviens du départ de l’une de ses enfants bien aimées.
Il n’était pas seulement un croyant, qu’a connu, dans tout son absolutisme, son cher ami l’abbé Patàa, un père, un époux, que les fils, les charmantes belles-filles, la femme qu’il chérissait et qui le chérissait ont, seuls, pu apprécier pleinement, il était, et j’insiste, un poète.
J’ai connu des prosodies plus savantes que la sienne ; j’ai déchiffré des styles plus subtils, sur quoi se basent des réputations plus bruyantes. Il eut d’ailleurs ce ton de ne prendre la littérature que comme faisaient ses pareils d’autrefois : avec intérêt et négligence.
Mais parce que je connaissais Amaury de Cazanove chez qui je me rendais adolescent avec un paquet de livres et de bruyères sur l’épaule, je n’ai pas été déçu à chaque fois que je me suis assis sous les belles feuilles fleuries de ses livres. J’y ai entendu autre chose qu’un vain bruit de mots. J’ai contemplé avec lui qui au temps de sa jeunesse, les parcourait à cheval, d’une manière si élégante ces bois qui bordent le Luy de Béarn bleu, ces parcs où avec sa fiancée délicieuse il promenait sa jeunesse romantique. Et j’ai vu que cette œuvre était semblable à celui qui l’écrivait : elle était d’un cœur optimiste, harmonieux et digne, elle était d’un héros prêt à donner deux fois sa vie pour la Patrie. N'est-ce point pour elle qu’il est mort ?
Le premier doute sur sa santé nous vint par un major appelé à l’examiner au moment de la déclaration de la guerre.
J’entends encore Cazanove m’interroger dans le beau crépuscule qui tombait autour de notre promenade. Il voulait être rassuré, bien moins dans la crainte d’une mort prochaine que dans l’espoir de se dévouer. Il fut donc profondément blessé par ce juste diagnostic, aussi profondément qu’il l’eût été par une balle, en apprenant qu’il ne pouvait pas servir. Je crois que ce lui fut une secrète plaie, une plaie plus profonde, moins curable que celles que reçoivent au front de jeunes hommes.
Ne pas pouvoir servir son pays, lui, allons donc ! Il désirait mourir comme l’un des classes les plus actives, pour l’amour de la France.
La France a compris ce désir de sacrifice : si loin qu’on l’eût obligé de demeurer, la guerre l’a frappé au cœur. Et voici qu’à cette croix que lui avait valu 1870, s’ajoute une autre croix qu’il lègue aux siens : la Croix de Dieu qui mène au Ciel.
Dans un style encore différent, et sans qu'il soit nommé, Amaury de Cazanove est encore parfaitement identifiable dans une page du Poète Rustique, un roman publié vingt-trois ans après le poème dédié au châtelain de Salles et quatre ans après sa mort. Le personnage éponyme de ce livre très autobiographique « se revoit » en route vers la thébaïde où va le recevoir un « châtelain rimeur » curieusement accoutré mais exemplaire de générosité et de « simplicité » (ce dernier mot si important pour Jammes). L’évocation du « souvenir de jeunesse » par celui qui est désormais un père chargé d’enfants s’achève de nouveau sur une mélancolique déploration : il n’est possible de retenir les tendres jours passés qu’au prix d’une poignante « souffrance » (un autre mot clé du jammisme) :
Il se revoit, adolescent, tenant sur l'épaule un bâton où étaient suspendues des bruyères vagabondes et quelques livres. Vers midi, il frappait au manoir. Le châtelain rimeur venait lui-même ouvrir, vêtu, comme le saint Louis d'un vitrail, d'une sorte de manteau à pèlerine denticulée, chaussé de bottes effilées, qui dardaient d'interminables éperons. Il était, malgré cette mise un peu étrange, la simplicité même.
Que c'est loin, mon Dieu !, tout cela ! se dit le poète Rustique, en regardant sa marmaille cueillir des herbes qu'elle lui montre pour qu'il les détermine. Combien ce souvenir de jeunesse est poignant, poignant jusqu'à la souffrance ! Ah ! ces heures d'or, d'azur et de rouges fleurs, de lecture et de fumerie, pourquoi faut-il ne les saisir si bien que lorsqu'elles sont passées ?
(Le Poète Rustique, p. 112)
Dans L’Amour, les Muses et la Chasse, quatrième pièce du dossier, le mémorialiste revient sur ses fréquentes visites au manoir de Salles et, longuement, nommément, sur le « vieil ami » qui y vivait libre et heureux au milieu de sa famille jusqu’au moment où lui aussi dut affronter de déchirantes souffrances. Jammes ne supportait ni les médiocres ni les esbroufeurs. En revanche, il aimait les gens simples et la vraie noblesse « de famille et de caractère ». Plus âgé mais jeune d’une inguérissable jeunesse, Amaury de Cazanove était un homme selon son cœur. Le mémorialiste a brossé de ce personnage haut en couleurs un portrait qui reprend pour partie la notice nécrologique de 1916. Plein de verve et de vie, ce portrait ne laisse aucun doute sur la sincérité d’une admiration que le temps n’a pas diminuée :
Une demeure des environs d’Orthez, où je me rendais bien volontiers aussi, était celle de mon vieil ami Amaury de Cazanove. Il était bien plus âgé que moi, d’une vingtaine d’années et, malgré ce prénom [sic], il était fort noble, de famille et de caractère. Il avait ce don, que je prise fort chez les gens de race, de parler sur le même ton, des mêmes choses, et avec le même sentiment, au dernier des roturiers et au plus titré des aristocrates. Il tranchait en cela avec ces douteux hobereaux qui se gobent entre eux, marquent de la distance aux bourgeois, et affectent, avec le paysan et le peuple, une trivialité de langage que ceux-ci, dans leur for intérieur, jugent bébête. Je crois d’ailleurs qu’à de tels symptômes on peut diagnostiquer la bâtardise ou l’emprunt.
L’Amour, les Muses et la Chasse, p. 171
Pour Jammes, un homme différent du « commun » mais vrai et passionné ne saurait être « ridicule ». Même si le jugent tel les pharisiens qui, imbus d’eux-mêmes et de leur position sociale, voire d’un « gilet parsemé de myosotis », croient aimer la poésie alors qu’ils la méprisent comme ils méprisent les poètes. Souvenons-nous du portrait aspergé de vinaigre qui poignarde Émile Dubroca, l’un des membres du Cercle d’Orthez :
Il aimait qu’on le flattât. Je l’ai vu heureux toute une journée du compliment qu’on lui avait adressé pour son gilet parsemé de myosotis. Il avait un dédain profond des artistes. Il m’a aidé à me prémunir, tout jeune, contre l’état d’esprit irréductible d’une certaine bourgeoisie : une antipathie, distante mais féroce, pour les poètes qu’elle croit goûter, pour les peintres qu’elle croit admirer. Je lui sais encore gré que je n’aie eu avec lui que des rapports de convenance, de m’avoir appris à lui seul qu’avec cette race il n’y a rien à tenter. L’aristocratie et le peuple parlent une autre langue, possèdent un autre cœur.
L’Amour, les Muses et la Chasse, p. 155
Lorsqu’il entonne cette mercuriale, le mémorialiste repense à n’en pas douter à toutes les caricatures et rebuffades que lui-même a dû endurer tout au long de sa vie : « Celui-là seul qui est poète sait le nombre d’affronts qu’à cause de sa poésie même il lui a fallu subir ». Différent de la race bâtarde ou abâtardie des hobereaux à la fois bouffis et rabougris de vanité, différent des notables de la République (Jammes n’était pas un grand admirateur du parlementarisme français), Amaury de Cazanove se payait même le luxe d’être différent de la race irritable des poètes (Genus irritabile vatum) dont Horace s’est gaussé. Poète lui-même, et Jammes le note mais cette fois sans insister, cet « aristocrate de race » aimait s’enthousiasmer pour des vers écrits par d’autres que lui, que ces autres fussent de vieux chefs de file célébrissimes comme José-Maria de Heredia, ou de jeunes conscrits encore inconnus au bataillon :
Cazanove n’avait pas le sens du ridicule, et c’est pourquoi il ne l’était point. Poète en gentilhomme et, souvent, plus qu’en amateur, il goûtait sans l’ombre d’une jalousie, à cœur ouvert, les vers des autres. Je l’ai entendu essayer de convertir à son enthousiasme tour à tour, dans le même après-midi, un député, un négociant, un charcutier et un huissier, en leur déclamant, d’une voix de trompette, un sonnet de José-Maria de Heredia. Il le leur récitait en plein air, le chapeau sur l’oreille, chaussé de bottes à éperons, tenant d’une main sa cravache, et de l’autre sa pipe d’écume culottée comme un croquemort.
J’observai que le député – qui était du commun – avait honte, il lui tardait que cette manifestation prît fin ; le négociant souriait avec indulgence ; seuls le charcutier et l’huissier hochaient la tête d’un air convaincu, admettaient que puisque les poètes existent, il ne les faut point négliger. […]
L’Amour, les Muses et la Chasse, p. 171
L’admiration pour le personnage d’Amaury de Cazanove se double chez Jammes d’un autre sentiment : la reconnaissance. La reconnaissance envers un de ses premiers bons lecteurs, mais aussi la reconnaissance envers un homme fait, capable de recevoir et d’écouter un « gamin » sans expérience et sans foi. Oui, un « gamin » sans ossature apparente (le verbe « paraissait » a ici son importance). Tout à l’heure, on pouvait imaginer le bruyant cénacle réuni dans la tourelle enfumée du château de Salles ; maintenant, on peut voir le face à face du vieux sage blanchi sous le harnais (guerre de 70, catholicisme impétueux) et du jeune cheval fou réunis dans ce colombier qui, en surplomb de la Chalosse gasconne, n’est pas sans faire penser aux châteaux en Espagne du grand Cervantès :
Seul avec lui dans son fumoir à tourelle qui dominait la ligne épaisse et bleu des Landes, je laissais volontiers à mes idées et à mes sentiments la bride sur le cou. Et ce gentilhomme qui avait fait la guerre, qui était d’un ardent militarisme, d’une foi catholique inébranlable, était indulgent à ce gamin qui paraissait ne croire à rien de ce que lui vénérait.
L’Amour, les Muses et la Chasse, p. 172
La description du marcheur adolescent par le mémorialiste reprend, ne varietur, celle de l’article du Patriote et celle du Poète Rustique. On y retrouvera notamment le balluchon du jeune routier amateur de botanique et de littérature dans une nature qui vibre de chaleur et d’allégresse. Il y a fort à parier qu’en écrivant ces lignes, Jammes avait sous les yeux une photo qui a été conservée et qui immortalise le jeune homme avec sa canne sur l’épaule, son vieux chapeau, sa lavallière assortie par la rime à la bruyère. Ainsi, comme cela se produit à plusieurs reprises dans l’œuvre de Jammes, l’archive mentale et l’archive photographique se superposent sur fond d’une paisible campagne béarnaise :
Le texte souligne que le jeune et tourmenté Francis Jammes a adopté vis-à-vis du châtelain de Salles la stratégie expérimentée auprès des membres du Cercle d’Orthez : avec un réalisme et même un pragmatisme qu’il s’attribuera souvent et dont il se louera, il tâche de tirer le meilleur parti possible du gentilhomme qui s’est si heureusement trouvé sur son chemin. La reconnaissance de dette est d’autant plus appuyée que la « restauration » d’un « moi » affaibli et contristé est décrite comme indissociablement « physique et morale ». Mais une fois encore, la vive fraîcheur du chemin, l’appétit retrouvé au contact du gentilhomme, la roborative substantialité des agapes, la ronde des jeunes filles plus jolies les unes que les autres, rien n’empêche l’assombrissement final du morceau :
Je me rendais le plus souvent à pied chez Cazanove, tenant sur l’épaule une canne qui supportait au bout un paquet de livres, tel un balluchon de routier, et parfois des bruyères ou des soucis d’eau. Qu’elles étaient allègres, ces matinées d’argent où j’arrivais pour déjeuner − pas plus tard qu’onze heures − car le chevalier avait le plus bel appétit que j’aie connu. C’est à lui surtout que j’attribue ce contentement de manger que je recouvrai, que j’avais perdu jusqu’à ressentir du dégoût pour toute nourriture dans les moments que mon humeur s’assombrissait, où je ne vainquais pas assez mes tristesses. Dans cette restauration de moi-même, physique et morale, que j’avais entreprise d’une façon très consciente, avec cette volonté d’utiliser à cette fin tous les personnages et tous les éléments de la campagne et de la petite ville, Cazanove me fut d’un grand appoint : il m’apprit à déjeuner gaiement, à assimiler le gibier, les sauces violentes, les crus généreux, à sourire des buveurs d’eau et de ces Parisiens qu’une pointe de piment met en révolution. Il était entouré d’une famille charmante. La joie régnait là, mais les dernières années de mon vieil ami furent assombries.
(L’Amour, les Muses et la Chasse (1922), pp. 138-139)
À méditer, les dernières lignes de ce portrait d’Amaury de Cazanove ressortissent ou peu s’en faut à l’hagiographie. Ce qui s’y trouve mis en œuvre n’est rien d’autre que le sublime tel qu’il a été défini dans le traité du pseudo-Longin. Le mémorialiste donne à entendre que son « vieil ami » a atteint un sommet d’humanité. Sa générosité biblique et sa pugnacité y compris cynégétique, sa façon de rire et de prier l’auréolent d’une lumière de vitrail et l’enveloppent de l’immémorial manteau dont Jacques de Voragine a pourvu les antiques figures réunies dans sa Légende dorée. Comme on ne peut pas aimer sans souffrir, comme il faut continuer d’aimer quand on souffre, la dernière note du portrait est, inévitablement, empreinte de mélancolie : l’une des filles bien aimées du vieux pèlerin est partie aux Amériques (se trouve ainsi précisée une notation assez elliptique de la notice nécrologique de 1916). Et comme le portraitiste transparaît toujours en miroir du portraituré, on comprend qu’il déplore lui aussi que ses enfants aient dû quitter le « nid » patriarcal, les uns après les autres, harcelés par la pauvreté matérielle de la famille et par la médiocrité spirituelle du siècle :
À ces hommes d’autrefois qui ont la main toujours ouverte, qui ne calculent pas, qui laissent tomber l’aumône autour d’eux comme Booz ses épis d’orge, nés pour combattre, pour chasser, pour rire et pour prier, notre époque d’aigrefins enrichis est mortelle. Cazanove a gagné le Ciel non point tel l’un des croisés dont il descendait, sur un de ces chevaux superbes qu’il avait tant aimés et dont il dut à la fin se passer, mais ce qui est plus beau, troussé dans son antique manteau de voyage, s’arrêtant une dernière fois au sommet de la côte pour interroger avec angoisse l’ouest sombre, la mer qui s’étendait entre lui et l’une de ses filles bien-aimées.
(L’Amour, les Muses et la Chasse, pp. 173)
Le cinquième texte d’hommage est aussi peu connu que le deuxième. Il s’agit cette fois d’une lettre que Jammes adressa en 1920 (c’est l’année de parution du Poète Rustique et, à deux ans près, de L’Amour, les Muses et la Chasse) au petit-fils d’Amaury de Cazanove1. L’épistolier y reprend, dans l’esprit et parfois à la lettre, tous les traits des portraits antérieurs. Il se contente d’ajouter que la reconnaissance de dette n’a fait qu’entériner une reconnaissance immédiate, une reconnaissance d’instinct entre deux êtres que tout opposait, mais « en apparence » seulement (cette locution reprend le verbe « paraissait » des Mémoires) car la consanguinité des esprits était bien réelle. Jouant sur les contrastes, le portraitiste ajoute au portrait du vieux châtelain un portrait que l’on peut tenir pour fidèle du « gamin » qu’il était autour de sa vingtième année, quand, orphelin de père, sans diplôme, sans position, « sans religion », inconnu et « incompris » mais se sachant poète, il débarqua à Orthez. Ce poète, ici, ne dit mot des vers de son aîné. Quant à la rêveuse silhouette de ce nouveau promeneur solitaire qu’il fut, elle décalque comme dans les Mémoires la photo du barbichu maigre et chapeauté que nous savons :
Lorsque je vis votre grand-père pour la première fois, nous nous reconnûmes, si je puis dire. Et pourtant combien nous différions en apparence ! Lui était un gentilhomme. Et j’emploie ce mot dans un sens que le monde moderne ne connaît plus. Il avait tout pour lui : la bonté, la foi catholique d’abord, le charme de l’esprit, un vrai talent poétique, une générosité de Lamartine, une main qui se serait ouverte pour offrir son dernier louis, eût-il dû en mourir de faim, une bienveillance incroyable, une fidélité rare à sa femme qu’il avait épousée par amour, une tendresse patriarcale pour ses enfants, une vie intérieure cachée, un don de supporter les épreuves tel que les saints le possèdent, une dignité sans effort, une acceptation sans murmure – lui qui était né pour le luxe – un patriotisme à la Saint-Louis […]
Moi, je n’étais qu’un gamin de vingt ans, âpre, sauvage, indépendant, railleur, épris de poésie et de campagne, pessimiste, assez malade, nerveux, découragé, sans frein, sans religion, aspirant à des rêves irréalisables, continuellement en vibration, sur la défensive, agressif aussi, croyant à son jeune génie, se sachant incompris, perdu dans cette petite ville où je me promenais tout mince, avec un chapeau de feutre pointu, une barbiche pointue et une pipe de terre ou de bruyère aux dents.
Je rencontrai cet homme au verbe militaire et grave, fumeur comme je l’étais, épris des muses, qui savait parler à tous et à chacun avec cette simplicité intéressante que je n’ai connue qu’aux gens de grande race. Il parlait au cocher aussi bien qu’il eût parlé à un auditeur de la Cour des Comptes, à un serrurier ou à un ambassadeur. Il était lui. Sa grande distinction n’échappait à personne, en imposait même aux hobereaux dont la vanité distante essaye de suppléer à leurs blasons absents. Nous fûmes intimes tout de suite malgré vingt-cinq ans qui nous séparaient. Mais tandis que j’arpentais les routes avec un paquet de bruyère et de livres sur l’épaule, ou que je poursuivais les cailles dans un costume de débardeur, il s’enfonçait dans les bois, à cheval, botté comme un croisé, très élégamment vêtu, les cheveux en brosse, la barbe en pointe, la moustache relevée, le nez busqué, fier et fort, l’œil bleu comme votre père Charles, le teint de brique – hâlé par le soleil. Tout en lui respirait la santé morale et physique. Il priait bien, il pensait bien, il mangeait bien, il buvait bien, il fumait trop. Les nuages de nos pipes se mêlèrent souvent dans ce colombier où nous lisions les poètes avec ardeur. Il évoquait mes vers. Il les aimait. Il les vantait. Et lorsque mon nom commença de retentir, il n’y eut pas au monde de confrère moins [il faut lire : plus] exempt de jalousie, plus prompt à me louer, à colporter les articles élogieux, à se montrer enfin le contraire exactement de ce que sont, en général, les amis de province. […]
Le sixième et dernier texte à donner vie au « vieux gentilhomme » est de nouveau un poème, tout ruisselant d’images et de la douce-amère jouvence des souvenirs. C’est, composée le 25 mai 1935, la « Source sixième » du recueil Sources paru en 1936. Les cent vers assonancés (ici ne seront donnés que quatre dizains) bouclent ainsi la boucle ouverte en 1897 et referment la courbe nécessaire d’une belle œuvre. En même temps – et on pense à « ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient » – ils développent les dix-huit vers du poème « Il est près de Salles ». Maintenant, on entend presque distinctement le châtelain déclamer quelques vers de ses poètes les mieux aimés, Hugo (Les Feuilles d’Automne) ou Musset (« La Nuit de mai »). Maintenant, on voit comme s’il était encore là l’homme de cœur tel qu’en lui-même l’Éternité le change, riche d’une sainte paix dans son manteau « cousu de pauvreté ». Maintenant, et tel est le sens du sous-titre (« Cazanove ») de la « Source sixième », on comprend que l’exemplaire châtelain et la graine d’eau porteuse de semences sont indissociables, que la source était un personnage et le personnage une source.
Le foyer d’Amaury de Cazanove fut bien une source vivifiante et cette source un foyer providentiel. Les salutaires leçons de l’ami et les limpides leçons des eaux de la source appelaient les unes et les autres à un réveil de l’énergie. Du fleuve, « la source a la responsabilité et le mérite du cours entier. La force vient de la source », a écrit Gaston Bachelard, un autre Champenois. Pour l’œuvre à venir du poète, la source Cazanove fut, reprenons le mot du mémorialiste, « d’un grand appoint ». L’adolescent en crise se sentait partir à la dérive mais ses marches vers l’oasis de Salles l’ont ramené dans le droit chemin. Elles l’ont conduit en un bienfaisant refuge où il régénéra son corps comme son cœur et où il réalisa que la poésie la plus accomplie doit, souple et animée, couler de source. Tandis que la source Cazanove s’écoule jusqu’aux horizons bleus de la forêt landaise et de l’Océan, la remémoration finale du long poème s’épanche sous les signes de la Paix et de l’Amour :
SOURCE SIXIÈME
II
Laisse mon cœur, ô source Cazanove,
Faire son nid dans ton tout petit havre
Couvert de mousse et d’où ton eau se sauve
Vers la lisière où s’asseyait le pauvre
Quand à midi vibrait la route hâve
Que je suivais en portant tes fleurs jaunes
Jusqu’au château de ce vieux gentilhomme
Qui me parlait et des feuilles d’automne
Et de la Nuit de mai lorsque frissonnent
Au vent du parc Lucie et l’anémone.
III
Je n’irai plus chez ce poète aîné
Dans cette tour d’où je voyais l’été
L’arc de la lande aux horizons bleutés
Comme les flots par les pins imités.
Il est parti dans la sérénité
De ceux en qui la Sainte Trinité
Dans cette vie a déjà habité.
Il est parti dans la grande beauté
De son manteau cousu de pauvreté,
Fuyant le siècle et sa médiocrité.
IV
Je lui parlais souvent de toi, ma source,
Quand à vingt ans de l’une de mes courses
Je rapportais des vers simples et souples
Ainsi qu’une eau chantant dans une écorce
Pour les lui dédier, comme une coupe,
Il les goûtait, trouvant leur onde douce
Que tu m’avais inspirée et qui toute
Gardait le rythme ainsi que goutte à goutte
Ta mère Averse, en ruisselant des outres
Que le ciel ouvre en ses profondes grottes.
X
Ô source, paix, Paix à nous tous. Oh ! verse
En nous la paix. Source de ma jeunesse,
Sur ton sein pur, source, ô nourrice, berce
De ton long pleur qui l’argile traverse
Nos pauvres cœurs que des épines percent.
Témoin de Dieu qui fait que tu disperses
Jusqu’à la mer ta plainte si diverse
Aïeule de soleil et d’ombre verte,
Abreuve-nous jusqu’à ce qu’apparaisse
L’Amour, l’Amour dans l’océan céleste.
À près de quarante ans d’intervalle, tour à tour, le poète de L’Angélus, le nécrologue d’un journal local, le romancier du Poète Rustique, le mémorialiste de L’Amour, les Muses et la Chasse, puis l’épistolier et de nouveau le poète des Sources, ont rendu justice au gentilhomme-poète en le gratifiant des vertus les plus humaines et les plus chrétiennes : santé physique, intellectuelle et morale, droiture et générosité, patriotisme et foi inébranlables, sainte joie. Un seul regret peut-être : que l’énumération des mérites du gentilhomme-poète ait quelque peu oblitéré ou minimisé les qualités littéraires du poète-gentilhomme.
Plusieurs hommes plus âgés que Francis Jammes ont joué un rôle important auprès du jeune poète inconnu et, surtout, auprès du jeune homme mal dans sa peau qui cherchait sa voie en même temps que sa voix. À défaut de tous les citer, retenons-en trois dont le compagnonnage s’avéra particulièrement fructueux.
Le premier, Armand Clavaud (quarante ans de plus que Jammes), fut le maître vénéré des années bordelaises dès le milieu des années 1880 ; de cet éminent et pittoresque botaniste, le mémorialiste a pu écrire : « Je n’ai pas connu d’homme plus intelligent, plus original que mon maître Armand Clavaud ». Le deuxième, rencontré en 1890, c’est Charles de Bordeu, un écrivain dont Jammes (son cadet de onze ans) reconnaissait à parts égales l’art de vivre et le talent littéraire ; du gentilhomme d’Abos, le mémorialiste a pu dire : « Charles de Bordeu est l’un des hommes qui m’a le plus appris à vivre ». Le troisième homme n’est autre que le châtelain de Salles, à qui le Jammes des années orthéziennes aimait rendre visite et de qui il tira quelques-uns des enseignements qui orientèrent sa vie. Compte tenu de la différence d’âge (vingt-trois ans), on peut faire l’hypothèse que le bon gentilhomme champenois ne fut pas seulement un mentor mais, dans une certaine mesure, un père de substitution.
À tout le moins, Amaury de Cazanove a lui aussi été l’un des hommes qui ont appris à vivre à Francis Jammes. Il a été une source de vie et d’inspiration où vint boire le jeune homme assoiffé de poésie.
Bibliographie : 1/ Sur Amaury de Cazanove, on lira le recueil publié par son petit-fils Amaury de Cazanove : Un Gentilhomme Poète, Amaury de Cazanove, 1845-1916 (H.C.), Pau, Marrimpouey Jeune éd., 1974 et Notre ami Francis Jammes (H.C.). Ce recueil contient quelques inédits de Jammes dont un poème intitulé « Sur son Château » et divers témoignages d’amitié dont l’article que Jammes publia dans Le Patriote des Pyrénées du 13 octobre 1916 : « Mort du Poète Amaury de Cazanove ». 2/ On lira aussi l’excellente plaquette de Roger Gonot : Un Chevalier servant de la Muse, Amaury de Cazanove, 1845-1916, Pau, 1986. Les trois photos d’Amaury de Cazanove ici présentées sont tirées de ce livre édité à compte d’auteur. 3/ Pierre Tranchesse a quant à lui écrit un article intéressant, conservé à la bibliothèque patrimoniale de Pau sous la cote 157159R : « Un poète gentilhomme. Amaury de Cazanove. Un ami de Francis Jammes », pp. 203-222. 3/ Jacques Le Gall, « Quand Francis Jammes allait boire à la source Amaury de Cazanove », Bulletin de l’association Francis Jammes, n° 59.
Jacques Le Gall




